Cette photographie prise en octobre 1968 montre le général de l’US Air Force Curtis LeMay en compagnie du colonel Harold « Hank » Aaron, commandant du 5e Special Forces Group (Airborne), au quartier général du 5e groupe à Nha Trang, en République du Vietnam.

Bien que le général LeMay porte un simple treillis, il est clairement civil au moment de cette photo. En effet, il a pris sa retraite en 1965 après avoir été chef d’état-major de l’US Air Force. Cette image date de la fin de son engagement politique infructueux, lorsqu’il se présentait comme colistier de George Wallace lors de la campagne présidentielle sous la bannière du Parti indépendant américain. Même les conseillers de Wallace estimaient que LeMay se distinguait nettement par sa position ferme sur les armes nucléaires.
LeMay a servi au sein de l’aviation de l’armée américaine puis dans l’US Air Force de 1929 jusqu’à sa retraite en 1965, participant aux conflits majeurs que furent la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée et la guerre du Vietnam. Il fut notamment responsable de l’usage des armes nucléaires à la fin de la Seconde Guerre mondiale. De 1948 à 1957, il fut le premier commandant du Strategic Air Command (SAC), période durant laquelle il supervisa la transition des bombardiers propulsés par des hélices vers des appareils à réaction. Il lança également les premières mises en service de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) et fut un ardent défenseur de leur emploi en cas de conflit, position qui l’opposa souvent aux autorités civiles.
Réputé pour son autoritarisme strict, LeMay imposa une discipline rigoureuse au SAC, qui avait commencé durant la guerre du Pacifique. Face au taux élevé d’abandons de missions de bombardement, il avait alors déclaré qu’il piloterait lui-même le bombardier de tête à chaque mission, et que toute équipe n’atteignant pas sa cible serait soumise à un conseil de guerre.
On lui doit également l’introduction des premiers fusils M16 au sein de la police de l’air, lorsqu’il était chef d’état-major. En 1962, il ordonna l’achat de 80 000 exemplaires de ce fusil.