La garnison américaine de Rheinland-Pfalz a récemment mené un exercice conjoint avec la police allemande et des unités de l’US Air Force pour tester ses capacités à contrer les menaces posées par les drones. Cette opération a permis d’évaluer l’efficacité des systèmes anti-UAS (unmanned aircraft systems) et la coordination inter-agences face à des scénarios réalistes.

Le 16 juillet, la garnison USAG Rheinland-Pfalz, en collaboration avec les 569e et 86e escadrons de forces de sécurité de la base aérienne de Ramstein et la Polizei allemande, a organisé un entraînement pour simuler une intrusion de drone sur son site près de Miesau. Des opérateurs de la Combat Training School de l’US Air Forces en Europe et en Afrique ont fait voler un drone DJI Phantom 4, un modèle commercial largement répandu, afin de reproduire une menace concrète. « Ce drone est idéal pour ce type d’exercice, car il est représentatif des petits drones commerciaux que nous pouvons rencontrer sur le terrain », explique Emily Roemer, officier antiterrorisme de la garnison et cheffe de la planification de l’exercice.

Le Sergent-chef Michael Sopha, responsable des opérations anti-UAS au sein du 569e USFPS, souligne que le rôle principal de l’US Air Force a consisté à intervenir conjointement avec la garnison, employant les technologies les plus récentes pour détecter et neutraliser les petits drones opérant dans la zone d’entraînement. Les systèmes testés comprenaient notamment des détecteurs de petits UAS, des brouilleurs de signaux ainsi que des dispositifs de détournement de commande de drones, destinés à protéger les installations tout en rendant les drones adverses inopérants.

« Cet exercice a démontré l’importance d’une action conjointe pour lutter contre les menaces des petits drones. Nos procédures sont efficaces », affirme Sopha. Il ajoute que les futures capacités anti-UAS seront encore plus avancées, ce qui nécessitera le développement de systèmes alternatifs capables d’opérer à grande échelle.

Emily Roemer insiste également sur la nécessité d’une communication fluide et constante entre les forces de l’ordre de la garnison, celles de l’Air Force et les autorités locales. « La participation de la nation hôte lors d’un incident réel est primordiale. Nous privilégions une formation réaliste, c’est pourquoi l’implication de la Polizei était indispensable », soutient-elle.

Le chef de la police de la garnison, DJ Diallo, souligne que cette coopération avec la Polizei allemande offre un accès élargi à un large réseau de ressources sécuritaires, renforçant ainsi la posture de défense collective. « La frontière entre les espaces aériens civils et militaires se fait de plus en plus floue. Cela impose un partage d’informations sans faille et des réactions coordonnées », indique Diallo. Sans une collaboration internationale robuste, notamment entre la Polizei et le Department of Emergency Services (DES) de la garnison, des lacunes critiques pourraient apparaître dans la capacité à détecter, dissuader et contrer les menaces liées aux drones.

Cette coopération se traduit par des entraînements réguliers conjoints et l’usage d’une plateforme sécurisée d’échange d’informations en temps réel, optimisant ainsi les compétences et les prérogatives de chaque entité.

Emily Roemer reconnaît que la planification de cet entraînement anti-UAS en contexte multiacteur représentait un défi, en particulier pour garantir le réalisme et l’intégration de tous les partenaires. « Tous ont fait preuve d’enthousiasme et d’engagement, ce qui témoigne des relations de confiance et du travail d’équipe construits entre les différentes parties », conclut-elle.

Dans le cadre de l’initiative de transformation de l’US Army, des investissements conséquents sont réalisés dans des technologies telles que l’intelligence artificielle, l’autonomie et les systèmes anti-drones afin d’anticiper les menaces futures pesant sur les installations comme celles de USAG Rheinland-Pfalz. Cette transformation continue vise à garantir des équipes entraînées, cohésives et efficaces face aux défis des environnements opérationnels complexes.

La garnison américaine de Rheinland-Pfalz contribue ainsi à la mission du Département de la Défense visant à « maintenir la paix par la force », en soutenant et sécurisant la communauté des forces en Europe tout en assurant la projection de puissance dans cette zone stratégique.