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Le ministère indien des Affaires étrangères suit de près la situation qui se dégrade au Népal, où de vastes manifestations menées par la génération Z ont éclaté. Face à ces troubles, l’Inde appelle ses ressortissants au Népal à la vigilance et recommande de respecter strictement les consignes des autorités locales.

La montée des tensions fait suite à l’interdiction, à l’échelle nationale, de 26 applications de réseaux sociaux et de messagerie, une mesure qui a suscité une vive colère chez une large partie de la jeunesse népalaise. Des dizaines de milliers de personnes ont envahi les rues de Katmandou et d’autres grandes villes pour dénoncer une atteinte à la liberté d’expression et dénoncer la corruption grandissante au sein du gouvernement.

Ce qui avait commencé comme des manifestations pacifiques a rapidement dégénéré en violences. Au moins 19 personnes ont trouvé la mort dans les affrontements récents.

Dans un communiqué publié mardi, le ministère indien des Affaires étrangères a déclaré : « Nous suivons de près l’évolution de la situation au Népal depuis hier et sommes profondément attristés par la perte de nombreuses vies jeunes. Nos pensées accompagnent les familles des défunts et nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés. »

En tant que voisin proche et allié, l’Inde a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue et à régler leurs différends par le dialogue.
« Nous espérons que tous les acteurs concernés feront preuve de modération et aborderont ces questions par des moyens pacifiques et le dialogue », ajoute le ministère.

Un avis de sécurité a également été adressé aux citoyens indiens présents sur place, notamment en raison de la mise en place de couvre-feux à Katmandou et dans plusieurs autres villes. Le message est clair : « Les ressortissants indiens sont invités à être prudents et à respecter scrupuleusement les consignes émises par les autorités népalaises. »

Le gouvernement de KP Sharma Oli, Premier ministre du Népal, est dans la tourmente depuis le déclenchement de ces manifestations lundi. Cette crise fait suite à une récente décision gouvernementale d’interdire plusieurs plateformes majeures, telles que Facebook, WhatsApp, Instagram, Snapchat, Reddit et WeChat. L’explication officielle invoque le non-respect des nouvelles règles d’enregistrement imposées aux réseaux sociaux.

Le Premier ministre népalais a lui aussi exprimé une vive tristesse face aux pertes humaines et annoncé la création d’un comité d’enquête de haut niveau chargé d’examiner ces événements.
« Je suis profondément attristé que des citoyens aient perdu la vie lors de cette manifestation. J’adresse mes condoléances les plus sincères aux familles et proches des victimes de cet incident inqualifiable », a-t-il déclaré.

Sur la scène internationale, les Nations unies ont également exprimé leur inquiétude. Le secrétaire général António Guterres a appelé le gouvernement népalais et les manifestants à s’engager dans un dialogue pacifique.
Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a souligné : « Le Népal bénéficie d’une démocratie dynamique et d’un espace civique actif. Il est important que le gouvernement et les protestataires parviennent à une résolution pacifique des différends. Nous suivons cette situation avec une très grande préoccupation. Les autorités doivent veiller au respect des droits de réunion pacifique et de la liberté d’expression. »

Face aux protestations, les forces de l’ordre ont recouru à des tirs à balles réelles et à balles en caoutchouc, ainsi qu’à des gaz lacrymogènes, provoquant les premières victimes mortelles.

Certains des 26 réseaux sociaux interdits ont toutefois repris partiellement leurs activités en fin de journée lundi.

Par ailleurs, Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme basé à Genève, a fait état « d’allégations profondément préoccupantes sur l’usage excessif ou injustifié de la force par les forces de sécurité pendant les manifestations ».

Elle a rappelé que le Népal jouissait d’une démocratie vivante et d’un espace civique actif, appelant à une réévaluation des mesures de régulation des réseaux sociaux afin qu’elles soient conformes aux obligations internationales en matière de droits humains. Elle a également demandé « une enquête rapide et transparente » sur ces accusations d’usage abusif de la force policière.