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L’US Air Force accordera finalement les honneurs funéraires militaires à Ashli Babbitt, une ancienne militaire de l’Air Force, tuée par un agent de sécurité alors qu’elle escaladait une fenêtre brisée lors des émeutes du 6 janvier 2021 au Capitole américain.

Ashli Babbitt a servi cinq ans en service actif dans l’US Air Force ainsi que plusieurs années dans la Garde nationale aérienne, un parcours militaire qui lui donnait droit, selon la loi fédérale, à un niveau de base d’honneurs funéraires militaires. Ceux-ci incluent notamment la remise d’un drapeau plié aux proches ainsi que la prestation d’un clairon jouant la sonnerie « Taps ». Cependant, en 2021, la demande de sa famille pour ces honneurs avait été refusée par le lieutenant-général Brian Kelly, alors chef adjoint du personnel et des services de l’Air Force.

Cette décision a été annulée cette semaine par le sous-secrétaire à l’Air Force, Matthew Lohmeier. Dans une lettre adressée à la famille de Babbitt, rendue publique par des avocats engagés dans son appel, Lohmeier explique : « Après avoir examiné les circonstances de la mort d’Ashli et les informations nouvellement apparues, je suis convaincu que la décision précédente était erronée ».

En 2021, Brian Kelly avait rejeté ces honneurs en précisant dans un courrier aux proches qu’« elle a été mortellement blessée après être entrée illégalement dans le bâtiment du Capitole des États-Unis le 6 janvier 2021. Par conséquent, j’ai estimé que les honneurs funéraires militaires porteraient atteinte à la dignité de l’Air Force ».

Kelly s’appuyait sur une loi fédérale qui « autorise les responsables militaires à priver des droits funéraires des membres éligibles dont les circonstances de décès porteraient atteinte à leur service, même s’ils ont été libérés honorablement ».

Il reste toutefois incertain de savoir comment ces honneurs seront concrètement rendus, aucun retour n’ayant été communiqué par les avocats soutenant la famille.

Les honneurs funéraires militaires

Les honneurs funéraires militaires sont garantis à presque tous les anciens combattants, avec des modalités qui varient en fonction du grade et de la durée de service. Un responsable de l’US Air Force a confirmé à Task & Purpose que, en tant qu’ancienne militaire du rang assez junior, Babbitt aurait droit à au moins trois éléments d’honneurs funéraires : une garde d’honneur composée d’au moins deux militaires actifs, dont un venu de sa branche de service, la remise d’un drapeau plié à ses proches, et un clairon jouant Taps.

Ayant quitté la Garde nationale aérienne au grade de airman senior, elle n’aurait toutefois pas droit aux « honneurs militaires complets », comprenant notamment des défilés, une fanfare, voire un caisson tiré par des chevaux en cas de cérémonie au cimetière national d’Arlington. Ces honneurs complets sont réservés aux membres du rang ayant atteint le grade E-9, aux officiers spécialistes supérieurs ainsi qu’aux officiers à partir du grade O-4. Ils incluent des différents niveaux d’escorte et de salves d’armes selon le rang.

Des gaz lacrymogènes sont tirés sur des partisans du président Trump lors de l’assaut au Capitole américain le 6 janvier 2021.
Des gaz lacrymogènes tirés lors de l’assaut du Capitole américain le 6 janvier 2021. Photo : Evelyn Hockstein/The Washington Post via Getty Images.

Babbitt faisait partie des milliers d’émeutiers rassemblés le 6 janvier 2021 afin de contester la certification constitutionnelle de l’élection présidentielle de Joe Biden. Elle a été abattue par un agent de sécurité alors qu’elle tentait de passer par une fenêtre brisée verrouillée, dernier obstacle physique séparant les insurgés de l’hémicycle de la Chambre des représentants où les élus se cachaient pour échapper à la foule.

Des centaines de participants à l’émeute ont par la suite été inculpés ou ont plaidé coupables. Ce soulèvement a également coûté la vie à un policier. Tous, y compris Babbitt, ont été graciés ou ont bénéficié d’une clémence accordée par l’ex-président Donald Trump, quelques jours après son retour au pouvoir en janvier.

Le cabinet d’avocats Judicial Watch, à l’origine de l’appel en faveur d’Ashli Babbitt, a notamment évoqué ces grâces présidentielles comme justification du renversement de la décision de Brian Kelly privant Babbitt des honneurs funéraires militaires.