Un MiG-29 russe intercepte un drone au-dessus de Moscou, un événement inédit dans le ciel de la capitale russe, révélant les défis de la défense aérienne locale face aux menaces asymétriques. Cette interception marque une escalade notable dans les tactiques du conflit en cours entre la Russie et l’Ukraine, où les drones jouent désormais un rôle crucial.
Le 18 juillet 2025 au soir, un incident exceptionnel s’est produit dans l’espace aérien de Moscou : un chasseur russe, très probablement un MiG-29, a été déployé pour intercepter un drone ennemi s’approchant de la capitale. Selon des sources officielles et des comptes Telegram locaux, le véhicule aérien sans pilote (UAV) a été abattu au-dessus du district de Dmitrovsky, ses débris tombant dans un champ en flammes. Il s’agit de la première intervention directe d’un avion de chasse en combat aérien au-dessus de Moscou depuis le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Dans la soirée du 18 juillet, les forces ukrainiennes ont lancé une nouvelle attaque de représailles visant la Russie, utilisant notamment des drones kamikazes. Cette offensive a contraint Moscou à fermer temporairement l’aéroport international de Domodedovo.
Un habitant de la capitale a filmé une séquence intéressante : à la périphérie de Moscou, on aperçoit un chasseur russe manœuvrer alors qu’il poursuit un drone kamikaze. La vidéo diffusée ne permet pas d’identifier formellement l’appareil, mais les analystes militaires estiment que dans ce type d’interventions, le Kremlin déploie généralement soit des MiG-29, soit des chasseurs des familles Su-27/Su-30. Le MiG-29 apparaît comme un candidat probable compte tenu de son agilité et de son usage régulier dans des opérations similaires.
La vidéo montre également les débris du drone ukrainien tomber au sol, accompagnés des réactions des témoins. Les autorités ont confirmé que les débris se sont posés dans le district de Dmitrovsky, où le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a annoncé à 22h43 l’envoi d’équipes de secours sur place.
Cette interception rare souligne plusieurs enseignements importants. L’utilisation d’un avion de chasse pour abattre un drone révèle d’abord la complexité croissante des menaces dans le conflit russo-ukrainien et met en lumière certaines lacunes des systèmes de défense aérienne russes face à des cibles petites, rapides et à basse altitude.
Jusqu’à présent, les attaques de drones sur le territoire russe étaient généralement neutralisées par des systèmes au sol comme le Pantsir-S ou par des brouillages électroniques. Que cette fois une réponse aérienne ait été nécessaire illustre une évolution dans l’échelle et la sophistication des attaques ukrainiennes, qui ciblent désormais directement les abords de Moscou.
Ce développement remet en question l’efficacité actuelle des dispositifs anti-UAV et la préparation de la Russie à contrer ces menaces asymétriques à l’avenir. Il souligne aussi l’impact psychologique sur la population, confrontée à des engagements militaires à proximité immédiate de la capitale, une situation jusque-là quasi inédite.
Les Forces aérospatiales russes (VKS) assurent la protection du ciel moscovite, l’une des zones les plus sécurisées de Russie. Autour de la capitale, plusieurs couches de défense sont déployées avec notamment des systèmes de missiles sol-air comme le S-400 et le Pantsir-S, chargés d’empêcher toute intrusion ennemie.
Cependant, l’incident du 18 juillet montre que ces défenses ont du mal à détecter et intercepter efficacement des drones kamikazes, petits et mobiles. L’activation d’un MiG-29 pour ce type d’opération traduit une nécessité de réaction rapide et d’une réponse plus coûteuse technologiquement, probablement motivée par la proximité d’infrastructures sensibles.
Ce cas devrait entraîner une réévaluation des protocoles de sécurité aérienne autour de Moscou, jusqu’ici principalement orientés vers la défense contre des menaces conventionnelles comme les avions ou missiles balistiques. L’usage croissant des drones par l’Ukraine impose désormais une adaptation, notamment par le renforcement des capacités de brouillage électronique et le développement de nouveaux moyens de détection et de neutralisation d’UAV.
Par ailleurs, une meilleure coordination entre les systèmes sol-air et les avions de chasse s’avère nécessaire afin de limiter les risques liés à des interceptions en zones urbaines densément peuplées. Cet épisode pourrait également accélérer les investissements dans des systèmes spécialisés contre les drones.
Dans le contexte plus large du conflit, cet événement illustre la montée en puissance des tactiques de guerre asymétrique. Depuis 2024, les forces ukrainiennes ont intensifié leurs attaques par drone, cherchant à frapper le moral russe en démontrant que Moscou n’est pas à l’abri du conflit, malgré ses mesures de sécurité robustes.
Cette stratégie vise à souligner que la guerre dépasse les frontières ukrainiennes et atteint le cœur symbolique du pouvoir russe, en réponse aux bombardements russes sur les villes ukrainiennes et leurs infrastructures civiles.
La provenance exacte du drone abattu fait l’objet de spéculations. Moscou accuse régulièrement l’Occident de fournir à Kiev des technologies avancées pour ses UAV, arguant que ces attaques seraient impossibles sans l’appui des renseignements et de la technologie de l’OTAN. Toutefois, aucune preuve confirmée n’a été produite sur le modèle spécifique abattu ce jour-là, tandis que l’Ukraine a démontré sa capacité à concevoir, construire et modifier ses propres drones longue portée.
Ce cas met en exergue l’importance croissante des drones dans les conflits modernes et les défis mondiaux pour contrôler la prolifération de telles technologies. Si la Russie instrumentalise cet incident à des fins de propagande, Kiev défend l’usage de ces moyens comme une réponse légitime à l’agression.
En marge de cet événement, il est utile de rappeler un autre fait marquant dans ce conflit. Le 26 août 2024, l’un des pilotes ukrainiens les plus expérimentés, le lieutenant-colonel Oleksiy Mes, surnommé « Moonfish », est mort lors d’une mission de combat alors qu’il pilotait un F-16. Son avion s’est écrasé après avoir abattu plusieurs missiles de croisière russes et drones. Cette tragédie met en lumière les risques importants auxquels sont exposés les pilotes ukrainiens, souvent formés rapidement aux technologies occidentales mais confrontés à une menace aérienne intense et complexe.
Contrairement à l’interception russe de juillet 2025, où un MiG-29 a neutralisé un unique drone, les F-16 ukrainiens sont engagés régulièrement dans des combats mêlant plusieurs menaces simultanées, démontrant la maturité croissante des forces aériennes ukrainiennes dans ce secteur mais aussi la vulnérabilité inhérente à leur déploiement.
Enfin, cet épisode traduit l’intensification des tensions et la nature évolutive du conflit russo-ukrainien. La fréquence accrue des raids de drones sur Moscou manifeste une offensive ukrainienne ciblée visant à exposer les failles de la défense russe et à infliger un stress psychologique à l’intérieur de la société et du pouvoir russe, modifiant ainsi la dynamique du conflit.