Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu hier à Avdiivka, une ville assiégée située à environ 1,5 km de la ligne de front. En plein cœur des combats, il a enregistré une vidéo en mode selfie où l’on entend clairement des tirs d’artillerie en arrière-plan. Cette visite symbolique souligne à la fois la proximité immédiate du conflit et la détermination du président à soutenir les troupes ukrainiennes sur le terrain.
Le même jour, un bombardement massif russe a fait 31 civils tués et 160 blessés en Ukraine. La Russie a tiré ses missiles de croisière d’un coût estimé à 12 milliards de couronnes suédoises, sans compter les coûts opérationnels liés à l’utilisation d’appareils de combat pour leur lancement. Notamment, 97 % des missiles Ch-101 (désignés AS-15 Kent par l’OTAN), composant l’armement principal de l’attaque, ont été abattus par la défense ukrainienne.
Cette offensive russe, bien que très coûteuse, s’est soldée par un échec militaire important. Sur 90 missiles Ch-101 lancés, 87 ont été interceptés. Les autres systèmes employés, comme les drones Shahed ou les missiles AS-4 Kitchen, AS-24 Killjoy, SS-26 Stone et SA-10 Grumble, utilisés pour saturer les défenses aériennes ou distraire, n’ont pas réussi à infliger de dommages significatifs aux forces ukrainiennes.
Ces frappes ont cependant causé des pertes civiles tragiques, un crime de guerre manifeste. Parmi les cibles atteintes figurait notamment une clinique obstétricale, ce qui met en lumière la nature indiscriminée de ces attaques contre des infrastructures civiles.
Selon le Kyiv Independent, le bilan humain des attaques s’établit comme suit :
- Kyiv : 9 tués, 30 blessés
- Kharkiv : 3 tués, 13 blessés
- Dnipro : 6 tués, 30 blessés
- Zaporizhzhia : 8 tués, 13 blessés
- Odessa : 4 tués, 22 blessés
- Lviv : 1 tué, 30 blessés
- Konotop : 3 blessés
Le nombre de blessés a ensuite été porté à 160.
Cette offensive aérienne russe a représenté un coût direct de 12 milliards de couronnes suédoises rien qu’en munitions. L’objectif exact du Kremlin reste incertain, mais il semble surtout s’agir d’un gaspillage de ressources militaires sans gain stratégique. Sur le plan psychologique, ces bombardements terroristes ne renforcent en rien la loyauté des populations ; au contraire, ils attisent la colère contre l’agresseur.
La difficulté russe à frapper efficacement des cibles militaires mobiles s’explique notamment par les longues périodes de planification – entre 10 et 14 jours – nécessaires pour déployer ces frappes. En attendant, les cibles militaires se déplacent, ce qui limite les options à des infrastructures fixes ou des zones civiles, moins bien défendues.
Des experts tels que Carl Bergqvist et Oscar Jonsson ont confirmé que cette opération était planifiée depuis plusieurs semaines, et non une réaction immédiate à la perte d’un navire russe, démentant ainsi certains récits.
Lors de sa visite à Avdiivka, Zelensky s’est également rendu dans un centre de commandement militaire et a décoré plusieurs héros ukrainiens. Le trajet, essentiel pour l’approvisionnement de la ville assiégée, reste extrêmement dangereux, d’autant que l’ennemi utilise des drones FPV très difficiles à contrer.
Le président ukrainien s’est montré résolu à soutenir les combattants en première ligne malgré le danger.
Par ailleurs, le commandement général ukrainien a rapporté d’importantes pertes russes suite aux combats récents, estimées à 750 hommes, seize chars, 20 véhicules de combat d’infanterie ou transporteurs, 17 obusiers, un lance-roquettes multiple, un système de défense antiaérienne lourd, 29 véhicules de transport et six unités d’équipements spécifiques.
Plusieurs explosions ont également été signalées dans la ville russe de Belgorod (Bilhorod en ukrainien), autrefois ukrainienne, avec des incendies et des dégâts matériels provoqués vraisemblablement par des missiles S-300 russes qui n’ont pas réussi à atteindre leur altitude de vol.
Ces derniers jours, des vagues répétées de missiles Shahed ont été observées sur sept régions ukrainiennes, avec une défense antiaérienne active notamment dans la région de Kyiv.
“Slava Ukraini ! Heroiam slava ! Razom, do peremohi !” (« Gloire à l’Ukraine ! Gloire aux héros ! Ensemble vers la victoire ! »)
Cette nouvelle escalade souligne la nécessité d’un soutien occidental renforcé, plus rapide et potentiellement plus direct sur le terrain, conformément au droit international, pour mettre fin à ce conflit dévastateur.
À noter également :
- Une journée de deuil nationale sera organisée à Kyiv le 1er janvier suite à la perte de civils lors des bombardements récents.
- Des officiers ukrainiens ont partagé cet été leur expérience avec leurs homologues suédois, mettant en avant une “opportunité unique pour comprendre notre ennemi”.
- Dans un autre registre, un chien a été extrait vivant des décombres d’un village bombardé, un symbole poignant des drames humains causés par la guerre.
- Les frappes russes sur Kharkiv ont également ciblé un hôtel utilisé par des journalistes, causant au moins seize blessés.
- Enfin, le quotidien des réfugiés ukrainiens en Suède reste difficile, avec un accès limité aux ressources financières et aux droits administratifs.