Lors de l’opération Sindhoor en mai 2025, où les forces indiennes ont rapidement démantelé des infrastructures terroristes le long de la Ligne de Contrôle, Zen Technologies, basée à Hyderabad, s’est imposée comme un acteur clé discret. Grâce à ses systèmes anti-drones (C-UAS) développés localement, l’entreprise a neutralisé de nombreux drones turcs Bayraktar TB2 déployés par le Pakistan, inversant le cours d’une confrontation dominée par les drones et évitant une escalade aérienne majeure.
Ce succès sur le terrain est attribué à une anticipation technologique remarquable portée par une recherche et développement tournée vers les brouilleurs large bande. Capables de perturber des fréquences bien au-delà des bandes commerciales utilisées par des drones grand public comme les quadcopters DJI, ces brouilleurs permettent de contrer des menaces qui changent constamment de spectre pour échapper à la détection. La direction de Zen Technologies a investi massivement dans ce décalage tactique, anticipant ainsi la guerre électronique de demain.
L’opération Sindhoor s’est déroulée sur 72 heures, au cours desquelles 15 camps terroristes liés à la Force Aérienne Pakistanaise (PAF) ont été anéantis et plus de 40 drones ennemis interceptés. Cette confrontation a mis en lumière la vulnérabilité des Bayraktar TB2 turcs, prisés pour leur capacité de renseignement et de frappes de précision dans des conflits récents comme au Nagorny-Karabakh ou en Libye. Face au réseau en couches des systèmes C-UAS de Zen Technologies, ces drones ont subi un échec marqué.
Déployés le long des postes avancés au Jammu-et-Cachemire, ces dispositifs combinent détection radiofréquence, suivi électro-optique et intercepteurs cinétiques pour atteindre un taux de neutralisation de 92 %, selon des rapports internes de l’armée indienne. Un officier basé au Ladakh occidental a souligné : « Ce n’étaient pas des jouets de loisir ; ces drones étaient militarisés avec des liaisons cryptées ». L’innovation de Zen réside dans des brouilleurs couvrant une plage de 400 à 6 000 MHz, incluant les bandes UHF, L-band et au-delà, empêchant les menaces radiofréquence agiles de combiner fréquences civiles ISM (2,4 GHz, 5,8 GHz) et sauts militaires ad hoc.
Anticipant cette évolution, Zen a adopté dès 2022 une architecture large bande, développant des brouilleurs RF pour drones (DRFJ) dotés d’algorithmes adaptatifs capables de détecter jusqu’à 2 000 sauts par seconde sur 360 degrés d’azimut. Ces avancées, validées lors d’essais par le DRDO (Defence Research and Development Organisation), couvrent non seulement les bandes ISM et GNSS, mais aussi des fréquences militaires propriétaires, garantissant des temps de réaction inférieurs à 0,1 seconde face aux adversaires résistants au brouillage. En 2023, alors que les incursions de drones le long de la LoC s’intensifiaient, Zen est devenue la seule entreprise agréée par l’armée indienne pour fournir des systèmes C-UAS large bande, consolidant ses livraisons en 2024 et 2025.
Lors d’une conférence financière au second trimestre 2026, le management de Zen a précisé cette clairvoyance : « Ce sont des fréquences commerciales où évoluent les drones chinois, comme les DJI et d’autres modèles de qualité inférieure. Ces drones, nous pouvions déjà les stopper. Mais quand la guerre a éclaté, nous avons compris qu’ils ne voleraient plus sur les fréquences commerciales, mais sur toutes les bandes intermédiaires. C’est là que notre système large bande était unique. En 2023, lors des appels d’offres, nous étions les seuls à répondre et à fournir en 2024 et 2025. »
Cette exclusivité repose sur une propriété intellectuelle avancée en synthèse de fréquence et une classification des menaces assistée par intelligence artificielle, renforçant la position dominante de Zen sur le marché. Leur système Zen ADS HK allie brouilleurs à des effecteurs laser, privilégiant les neutralisations cinétiques face aux drones « pré-feed, résistants au brouillage » capables de simuler des signaux ennemis.
L’opération Sindhoor a ainsi constitué un vecteur de validation technologique et un tremplin commercial. Après le conflit, Zen a signé une commande de 37 crores INR (environ 4,5 millions d’euros) auprès du ministère de la Défense pour des unités DRFJ améliorées, suivie, le 4 novembre, d’une commande majeure de 2 890 crores INR (environ 350 millions d’euros) visant la modernisation complète des flottes avec l’intégration d’amplificateurs à nitrure de gallium (GaN) étendant la portée et la capacité face aux essaims multiples de drones. Sur le plan export, un contrat de 41,5 millions de dollars conclu en 2023 avec un allié discret du Moyen-Orient a suscité l’intérêt des partenaires du QUAD, attirés par la modularité plug-and-play des solutions de Zen.