L’Allemagne étudie actuellement la possibilité d’apporter un soutien financier à la dissuasion nucléaire britannique, dans le cadre d’une réflexion plus large sur une intégration plus étroite des forces nucléaires françaises et britanniques.
Plutôt que de développer son propre arsenal nucléaire indépendant, Berlin privilégie une coopération accrue avec ces puissances existantes, afin de renforcer la dissuasion en Europe et réduire la dépendance envers les États-Unis.
Les discussions impliquent Londres, Berlin et Paris et ont pris de l’ampleur face à une moindre implication militaire américaine sur le continent. L’Allemagne envisage plusieurs formes de soutien, allant d’un appui financier direct aux contributions militaires conventionnelles.
Parmi les options envisagées, figure notamment le déploiement de systèmes de défense aérienne Patriot, opérés par l’Allemagne, pour protéger des sites nucléaires britanniques clés comme la base navale de Clyde à Faslane, en Écosse, où stationnent les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) britanniques.
Cette contribution classique est perçue comme plus crédible qu’un rôle industriel majeur dans la construction des nouveaux sous-marins nucléaires britanniques, bien que l’Allemagne ait aussi envisagé d’apporter son aide à travers sa base industrielle pour les programmes futurs liés aux sous-marins, aux missiles ou à l’enrichissement d’uranium.
Le Royaume-Uni modernise sa flotte SNLE en remplaçant ses quatre sous-marins Vanguard par quatre unités de classe Dreadnought, qui embarqueront les missiles balistiques Trident II D5. Ces missiles, fabriqués aux États-Unis, ainsi que le développement conjoint des ogives nucléaires britanniques et américaines, soulignent la dépendance de Londres vis-à-vis de Washington sur certains aspects techniques et industriels.
Ces liens étroits avec les États-Unis sont au cœur des débats côté allemand, qui étudie aussi comment les capacités nucléaires existantes pourraient jouer un rôle renforcé dans la défense européenne, par une coopération plus profonde entre États européens.
Les propositions allemandes ne remettraient pas en cause la souveraineté britannique sur l’emploi de ses armes nucléaires et ne donneraient pas à l’Allemagne de contrôle décisionnel sur leur usage. Il s’agit d’un soutien financier, industriel ou par des forces conventionnelles à l’infrastructure entourant la dissuasion nucléaire britannique.
Parallèlement, l’Allemagne mène des discussions similaires avec la France, qui garde la maîtrise complète de ses forces nucléaires, comprenant des missiles lancés depuis sous-marins et depuis des avions. Paris a également lancé un débat plus large avec ses partenaires européens sur le rôle potentiel de sa dissuasion dans la sécurité du continent.
