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L’intelligence militaire ukrainienne a publié de nouvelles informations sur la production du missile balistique russe 9M723 Iskander-M, mettant en lumière la complexité et l’internationalisation de sa chaîne d’approvisionnement.

Selon une déclaration de la Direction principale du renseignement (GUR) du ministère de la Défense ukrainien, la dernière révélation concerne 140 composants russes et étrangers, 35 entreprises et 108 responsables impliqués dans la production de ce missile. Ces données sont intégrées à la base de données Guerre & Sanctions, un projet ukrainien portant sur la fabrication des missiles balistiques russes et les réseaux industriels associés.

Au total, le modèle interactif du 9M723 présenté par le renseignement ukrainien identifie plus de 170 composants, 82 entreprises russes et 2 biélorusses, 108 employés et 121 équipements de fabrication d’origine étrangère utilisés par ces entreprises. Parmi les 140 composants récemment divulgués, seulement un quart environ proviennent de fabricants russes.

La majorité des composants étrangers sont américains (63), suivis par des pièces en provenance de Suisse (8), Biélorussie (8), Allemagne (4), Taïwan (4) et Chine (3). Ces pièces incluent des microprocesseurs, des FPGA, des mémoires et des convertisseurs numérique-analogique et analogique-numérique.

Parmi les fabricants cités figurent DM&P Electronics, Xilinx (aujourd’hui partie d’AMD), Atmel (aujourd’hui Microchip Technology), Winbond Electronics, Micron Technology et Analog Devices. L’utilisation de composants commerciaux ne signifie pas nécessairement une vente directe aux industries russes, car ces composants peuvent transiter par plusieurs intermédiaires et marchés secondaires.

Le renseignement ukrainien a particulièrement souligné les éléments électroniques d’une unité de traitement des informations de vol associée au gyroscope laser du missile, où seule une minorité des composants sont russes.

Cette publication vise à fournir aux gouvernements des informations supplémentaires pour renforcer les sanctions et les mesures de contrôle à l’export ciblant la chaîne d’approvisionnement des missiles balistiques russes.

Par ailleurs, le GUR affirme que les forces russes ont utilisé une version améliorée du missile, désignée 9M723-2 ou « Iskander-1000« , lors d’une attaque conjointe contre Kiev durant l’été. Cette version, liée au système « Bora-M », disposerait d’un moteur et d’un lanceur plus imposants, avec une portée portée à 550 kilomètres, contre environ 390 km pour la version 9M723-1. Les autres caractéristiques techniques restent largement similaires.

Le 9M723 est la munition balistique principale du système mobile russe Iskander-M, utilisé massivement en Ukraine, conjointement avec des missiles aéroportés, des missiles de croisière et un nombre croissant de drones d’attaque.

Sources : ukdefencejournal