Article de 587 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le 1er septembre 2026, la Marine des États-Unis a lancé une évaluation formelle de trois modèles de frégates étrangères — la classe Mogami du Japon, la classe Chungnam de la Corée du Sud, et la classe Istanbul de Turquie — dans le but de renouveler rapidement sa flotte de surface après l’arrêt du programme national de la classe Constellation.

Un budget de 1,85 milliard de dollars pour l’année fiscale 2027 est prévu pour l’acquisition jusqu’à deux navires leaders construits à l’étranger. À partir du troisième exemplaire, la construction et la fabrication devront être transférées à des chantiers navals américains afin d’éviter les retards et de maintenir un rythme de production soutenu, en réponse à l’expansion rapide de la flotte chinoise.

Le projet nécessite que les entreprises sélectionnées acquièrent ou bâtissent des capacités industrielles nationales, formant la main-d’œuvre américaine et implantant une chaîne d’approvisionnement locale, incluant le transfert de technologies brevetées. Ce modèle s’inspire de celui employé pour les brise-glaces de la Garde côtière américaine et finlandaise, mais est plus complexe compte tenu des exigences spécifiques des navires de guerre modernes (radars, systèmes de guerre électronique, lancement vertical, etc.).

Les frégates en compétition présentent des caractéristiques distinctes :

  • La classe Mogami (Japon) est la plus lourde (environ 5 500 tonnes, 133 m) avec une architecture à faible effectif (environ 90 marins). Elle bénéficie d’une production en série engagée, avec 12 unités en construction pour la Marine japonaise et 3 pour l’Australie, assurant un taux de production de 2 à 3 unités par an.
  • La classe Chungnam (Corée du Sud) pèse autour de 4 300 tonnes pour 130 m, possède une propulsion hybride saisissante avec notamment une turbine à gaz Rolls-Royce MT30 et des moteurs électriques Leonardo DRS qui réduisent le bruit lors des opérations antisubmarines. La construction est répartie entre plusieurs chantiers.
  • La classe Istanbul (Turquie) est plus petite (3 100 tonnes, 113 m), mais affiche une forte densité d’armement avec notamment 16 missiles antinavires Atmaca et 16 cellules VLS MiDLAS. En cours de fabrication simultanée dans plusieurs chantiers privés, elle nécessite cependant une americanisation plus intrusive du fait de son volume plus réduit.

Le principal défi sera de conserver la maturité industrielle initiale du design sélectionné tout en adaptant les systèmes américains. L’exemple du programme Constellation, dérivé de la FREMM, illustre le risque d’une dérive majeure autour des modifications techniques, qui a conduit à un surpoids drastique et à la réduction du nombre de navires commandés à deux exemplaires.

Le Congrès américain examine toujours les modalités d’approbation : le Comité des Services Armés du Sénat propose de supprimer l’exemption pour la construction à l’étranger, tandis que celui de la Chambre des Représentants interdit l’achat de navires de guerre étrangers. Même si les deux premiers navires sont construits à l’étranger, le véritable test sera la production du troisième exemplaire sur sol américain, notamment pour maîtriser les techniques de construction modulaire et la formation du personnel.

En résumé, cette initiative marque une volonté pragmatique de la Marine américaine de rattraper la cadence imposée par la marine chinoise, en tirant parti des avancées industrielles de ses alliés, tout en assurant une relocalisation progressive et maîtrisée de la production sur le territoire national.

Sources : galaxiamilitar