La Marine américaine franchit une étape importante dans la réalisation de son futur superporte-avions nucléaire, le USS William J. Clinton (CVN-82), avec l’attribution d’un contrat de 336 millions de dollars à Huntington Ingalls Industries pour l’acquisition anticipée de matériaux. Ce porte-avions, cinquième navire de la classe Gerald R. Ford, sera construit au chantier naval de Newport News en Virginie.
Bien que ce contrat ne marque pas le début formel de la construction, il permet d’anticiper la commande des composants cruciaux — tels que les pièces du réacteur nucléaire, turbines, générateurs, et systèmes nécessaires au lancement et à la récupération des avions — afin de réduire les risques de retard pendant l’assemblage. Les travaux d’approvisionnement se poursuivront jusqu’en mars 2039, avec un démarrage prévu de la construction autour de l’exercice fiscal 2030.
Le cost total estimé pour ce porte-avions de nouvelle génération oscille entre 12 et 15 milliards de dollars. Le USS William J. Clinton, qui succédera à quatre autres navires de classe Gerald R. Ford, mesurera environ 337 mètres de long et déplacera 100 000 tonnes à pleine charge. Il pourra embarquer plus de 80 aéronefs, dont des chasseurs F-35C Lightning II, avions de surveillance E-2D Hawkeye, hélicoptères et futurs drones aériens.
Équipé de deux réacteurs nucléaires A1B alimentant quatre hélices, il dépassera les 30 nœuds de vitesse et fournira une capacité énergétique exceptionnelle, nécessaire pour les systèmes avancés embarqués. La configuration finale du système de lancement d’aéronefs est encore en cours de révision, notamment après la décision en 2026 d’abandonner le système électromagnétique EMALS au profit des catapultes à vapeur pour le CVN-81. Le CVN-82 pourrait connaître une adaptation similaire.
Ce porte-avions portera le nom de William Jefferson Clinton, 42e président des États-Unis, et sera le premier navire à honorer cet ancien président. Chelsea Clinton, sa fille, a été choisie comme marraine du navire et entretiendra un lien avec l’équipage tout au long de sa durée de service, prévue vers 2040.
Le programme s’inscrit dans la volonté américaine de maintenir une flotte de porte-avions capable de projeter sa puissance dans des zones stratégiques, notamment l’Indo-Pacifique, en combinant la propulsion nucléaire autonome à une force aérienne embarquée conséquente.