Introduction
Le chasseur furtif moyen chinois J-35 franchit une étape majeure entre 2025 et 2026, avec l’entrée en service du J-35A terrestre dans l’Armée de l’air populaire, la validation du lancement et de la récupération par catapulte électromagnétique du modèle naval sur le porte-avions Fujian, ainsi qu’un effort industriel pour passer de la phase prototype à une production en série.
La complémentarité militaire et industrielle du J-35
Contrairement au J-20 lourd déjà en production, le J-35 vise à combler plusieurs besoins : proposer un chasseur furtif moins coûteux pour l’Armée de l’air, fournir à la Marine un avion capable d’opérations depuis un porte-avions à catapultes électromagnétiques, et créer une option exportable abordable face aux chasseurs furtifs occidentaux.
Confirmations publiques récentes
Le 3 septembre 2025, les deux versions, navale et terrestre, ont été présentées lors du défilé de la fête de la Victoire à Pékin. Le 22 septembre 2025, la Marine chinoise a diffusé une vidéo montrant des opérations de lancement et récupération par catapulte électromagnétique du J-35 sur le Fujian, mis en service en novembre 2025. Ces faits marquent la Chine comme le second pays au monde à disposer d’un porte-avions équipé du système EMALS.
Défis industriels à relever
Le programme comprend deux variantes, navale et terrestre, avec des contraintes différentes : la version navale doit résister aux conditions exigeantes des opérations en mer, tandis que la version terrestre, moins chargée en fonctionnalités spécifiques telles que les ailes repliables, doit rester assez proche structurellement pour garantir une chaîne d’approvisionnement commune. Le test industriel clé entre 2026 et 2028 consistera à maintenir cette homogénéité de production tout en augmentant le rythme d’assemblage.
Par ailleurs, la fabrication fait face à des défis techniques : maîtrise des revêtements furtifs, qualité de production dans un environnement plus exigent que pour les J-11 ou J-16, disponibilité et fiabilité des moteurs indigènes WS-13 ou WS-19, et adaptation aux contraintes des porte-avions Fujian, Liaoning et Shandong.
Impact stratégique du porte-avions Fujian
Le Fujian, premier porte-avions chinois à EMALS, transforme l’ambition en réalité industrielle en offrant au J-35 naval une plateforme adaptée capable d’un déploiement opérationnel plus massif. Cette capacité favorise également la rationalisation d’une production commune entre versions navale et terrestre.
Perspectives d’exportation
Le J-35 est positionné comme un avion furtif de cinquième génération à un coût estimé autour de 50 millions de dollars, bien inférieur à celui des chasseurs occidentaux. Bien qu’aucun contrat n’ait été officiellement confirmé, des discussions récurrentes concernent notamment le Pakistan. Le succès commercial dépendra cependant de la capacité de la Chine à assurer le soutien à long terme, les pièces de rechange et la maintenance haute technologie nécessaires pour les clients étrangers.
Comparaison avec la production du J-20
Alors que le J-20 est produit à un rythme estimé d’environ 100 exemplaires par an par le constructeur Chengdu, une production de 30 à 60 J-35 par an répartie entre Marine et Armée de l’air changerait déjà significativement la structure aérienne chinoise. La qualité de production et la disponibilité opérationnelle seront des facteurs déterminants pour l’impact industriel réel.
Limites et points à surveiller
Les données officielles sur le nombre exact d’appareils, les modèles moteurs utilisés ou la capacité opérationnelle complète restent inconnues. Il faudra observer attentivement les essais répétés sur le Fujian, l’intégration des avions J-35A dans les unités régulières de l’Armée de l’air, l’évolution déclaré des moteurs et la concrétisation des contrats d’export avec maintenance et formation associées.
Conclusion
Le J-35 dépasse désormais le stade de simple prototype. Avec la mise en service du porte-avions Fujian et les essais réussis de ses variantes, la Chine amorce une montée en puissance industrielle pour produire un chasseur furtif moyen en série. Ce programme constitue un pari industriel significatif aux côtés du J-20, dont la réussite technique et industrielle dépendra des capacités de production, des moteurs, du soutien logistique et des débouchés commerciaux à long terme.
