L’Écosse est bien positionnée pour tirer parti de l’augmentation des dépenses consacrées à la défense au Royaume-Uni, mais demeure menacée de ne pas en bénéficier pleinement si les pénuries persistantes de compétences techniques ne sont pas rapidement résolues.
Selon un rapport du Scottish Affairs Committee, la demande d’apprentissages et de formations techniques reste élevée, alors que l’offre ne suit pas le rythme des besoins futurs de la main-d’œuvre. Ce décalage met en danger à la fois la capacité de l’Écosse à contribuer efficacement à la stratégie de défense nationale et sa faculté à concrétiser les retombées économiques d’une montée en puissance des investissements.
En 2024/25, 6,78 % des dépenses du ministère de la Défense britannique avec l’industrie sont allées à l’Écosse, soit 2 165 millions de livres, en baisse par rapport aux 10,19 % (2 553 millions de livres) enregistrés en 2019/20, malgré une hausse globale des dépenses au Royaume-Uni de 59 à 66 milliards de livres sur la même période.
Le rapport souligne que l’Écosse reste un acteur essentiel du secteur de la défense au Royaume-Uni, en particulier dans ce contexte d’efforts accrus de renforcement de la base industrielle souveraine. Pour capitaliser sur ces opportunités, un investissement durable est nécessaire, ciblant la demande, les compétences et l’innovation dans toute la chaîne d’approvisionnement.
Il pointe des incohérences de financement et des politiques d’approvisionnement irrégulières qui fragilisent la souveraineté industrielle, la rétention des talents et la valeur à long terme du secteur écossais.
Concernant la formation, la mise en œuvre des Defence Technical Excellence Colleges (DTEC) en Écosse accuse un retard comparé à l’Angleterre. Deux DTEC sont envisagés en Écosse mais leur réalisation dépend d’un financement conjoint entre les gouvernements britannique et écossais, ce dernier n’ayant pas encore apporté son soutien financier pour que les deux établissements soient ouverts, risquant de limiter ce chiffre à un seul.
Le rapport encourage une collaboration renforcée entre les deux gouvernements pour accélérer le développement de ces infrastructures, considérées comme cruciales pour renforcer le vivier de compétences et multiplier les apprentissages de qualité qui soutiennent les ambitions de défense du pays.
Les PME représentent 98,2 % des entreprises écossaises. Toutefois, seules 0,078 % des dépenses directes du ministère sont orientées vers ces petites et moyennes entreprises, un chiffre considérablement inférieur à leur poids démographique et à la taille du secteur manufacturier de défense en Écosse. Le rapport appelle à lever les obstacles dans les chaînes d’approvisionnement et à améliorer le dialogue avec les entreprises principales pour libérer leur potentiel et étendre les bénéfices économiques des investissements dans tout le pays.
Enfin, il dénonce le refus inacceptable de services financiers à certaines entreprises de défense, une pratique connue sous le nom de debanking, et exhorte le gouvernement à discuter avec le secteur financier pour y mettre fin.
Le rapport déplore aussi l’absence d’une véritable conversation publique sur l’importance de la défense en Écosse, un objectif formulé dès la stratégie industrielle pour la défense, et demande au gouvernement de préciser comment il compte remédier à ce déficit.
En conclusion, tout en saluant des initiatives positives telles que le Defence Growth Deal et l’Alliance des universités de la défense, le rapport insiste sur la nécessité d’une action urgente des gouvernements écossais et britannique pour renforcer la base de compétences en Écosse, un élément clé pour permettre au pays de profiter des investissements en défense et de soutenir les objectifs de sécurité nationale.