Un rapport du Congressional Budget Office (CBO) souligne que les États-Unis ont probablement utilisé entre la moitié et les deux tiers de leurs intercepteurs antimissiles lors des opérations militaires contre l’Iran. Cette importante consommation affecte directement la capacité américaine à défendre efficacement d’autres théâtres d’opérations, notamment Taiwan, en cas de conflit avec la Chine.
Le CBO alerte que cette érosion du stock d’intercepteurs, comme les systèmes Patriot et THAAD, pourrait durablement handicaper la défense américaine puisque le remplacement de ces munitions coûteuses prendrait au moins cinq ans. Cela pose un problème majeur face à la menace que représente l’arsenal balistique et de missiles de croisière chinois, qui jouerait un rôle clé dans un éventuel affrontement dans la région Indo-Pacifique.
Le rapport souligne également que les intercepteurs ont été massivement utilisés pour protéger des forces américaines et alliées contre les attaques balistiques iraniennes, notamment lors de la défense d’Israël en juin 2025. Selon le Wall Street Journal, près de 150 intercepteurs THAAD et 80 Standard Missile-3 ont été consommés dans ces opérations.
L’opération dite Epic Fury, correspondant aux premières actions de combat contre l’Iran, a encore aggravé la diminution des stocks, qui ont continué à se réduire depuis la fin de cette phase en mai 2025. En juillet, le Département de la Défense a qualifié les opérations liées à la guerre en Iran de « opérations outre-mer », indiquant une phase de conflit toujours active.
Le coût total estimé par le CBO pour les opérations contre l’Iran depuis fin février dépasse les 38 milliards de dollars, incluant le renforcement des stocks d’intercepteurs et autres munitions. Toutefois, ces chiffres restent prudents car basés sur des données publiques et non sur des informations directes du Pentagone, qui n’a pas répondu aux demandes du comité.
Ils n’incluent pas les dommages aux bases, les déploiements navals, l’entretien futur des équipements, les fournitures médicales, ni les coûts pour les anciens combattants.
Alors que les opérations se poursuivent, les coûts mensuels supplémentaires sont estimés entre 2 et 3 milliards de dollars selon l’intensité des combats.
Malgré les inquiétudes exprimées au sein de la communauté de la défense depuis plusieurs mois, l’administration américaine, via Donald Trump, a minimisé en août dernier les risques en assurant disposer de « massives quantités » de munitions et d’une production industrielle en cours pour reconstituer les stocks.
Cette situation met en lumière un défi stratégique crucial : la nécessité pour les États-Unis de gérer simultanément un engagement intensif au Moyen-Orient et une posture de dissuasion dans l’Indo-Pacifique face à une Chine dont l’arsenal missile demeure une menace de premier plan.
