L’Allemagne a entamé la construction du troisième navire espion de type 424, un bâtiment de renseignement d’origine électromagnétique et de reconnaissance, au chantier naval Peene-Werft de Wolgast. Cette étape, réalisée par Rheinmetall, survient avant la date prévue et s’inscrit dans le cadre d’un programme étendu qui prévoit aussi l’acquisition d’un quatrième navire similaire, actuellement en proposition auprès du parlement pour approbation budgétaire.
Ces navires de type 424 sont destinés à remplacer la flotte d’espionnage de classe Oste (type 423) datant des années 1980. Les premières livraisons sont attendues entre 2029 et 2031. Rheinmetall construit simultanément le deuxième et le troisième navire, qui seront ensuite transférés aux installations Blohm+Voss à Hambourg pour les phases de finition et de tests.
Chaque navire, long de 132 mètres, pourra embarquer jusqu’à 100 personnes, dont des spécialistes du domaine cyber et informatique embarqués pour analyser les signaux électroniques et appuyer les opérations de défense numérique. Ces navires sont équipés de capteurs avancés, d’intelligence artificielle et de systèmes automatisés de contrôle pour surveiller le spectre électromagnétique terrestre, maritime et aérien.
Selon le ministre de la Défense Boris Pistorius, ces bâtiments jouent un rôle crucial en tant que « yeux et oreilles sur les hautes mers », notamment pour contrer les menaces hybrides russes en mer Baltique et au-delà. Le directeur général de Rheinmetall, Armin Papperger, souligne que ce projet illustre la forte capacité industrielle allemande et la réussite de la collaboration technologique au sein du réseau de défense national et de l’OTAN.
Les capacités du Type 424 doivent largement dépasser celles de son prédécesseur de 84 mètres, le Type 423, dont les équipements de renseignement électronique et de communication remontaien t à la guerre froide.
