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En 2026, l’Amérique latine est au cœur d’un nouvel équilibre géopolitique entre les États-Unis et la Chine. Cette année a vu des changements majeurs, notamment avec la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines le 3 janvier, qui a permis à Washington de nouer de nouveaux accords pétroliers avec le gouvernement post-Maduro.

Les États-Unis ont également renforcé leur pression économique et politique sur Cuba, augmenté les tarifs douaniers dans la région, et décidé de ne pas renouveler l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), provoquant une renégociation de ce traité. Par ailleurs, le gouvernement américain a intensifié sa coopération sécuritaire régionale, avec des visites récentes du secrétaire d’État Marco Rubio en Colombie, Équateur et Pérou.

Cependant, la présence chinoise demeure incontournable. Pékin influence fortement plusieurs pays latino-américains, au-delà des enjeux économiques, notamment en raison de ses investissements massifs et de ses relations commerciales accrues.

Le cas du Mexique est emblématique : confronté à une relation asymétrique avec Washington, le pays cherche à dissocier les aspects sécuritaires des enjeux économiques et commerciaux. La présidente Claudia Sheinbaum mise sur une coopération ciblée et sélective, sans s’inscrire dans un cadre formel comme l’Initiative Mérida, tout en renforçant parallèlement les liens avec le Canada.

Au Panama, un pays historiquement proche des États-Unis, la relation est plus complexe. Malgré des liens culturels et commerciaux solides, notamment une élite d’affaires formée aux États-Unis, Panama entretient une forte dépendance économique vis-à-vis de la Chine, premier client du canal après les États-Unis. La rhétorique américaine critique, notamment envers le contrôle chinois des ports du canal, a suscité des représailles de Pékin.

Au Pérou, la riche réserve de minerais donne au pays une certaine marge pour jouer la concurrence entre les deux puissances. Pékin y est le premier partenaire commercial et investisseur, notamment via la participation majoritaire chinoise dans le port stratégique de Chancay. Le Pérou poursuit ainsi une politique de coopération sécuritaire avec Washington tout en préservant ses liens économiques avec la Chine, évitant toute mesure antagoniste risquant de compromettre ses intérêts économiques.

La situation au Venezuela a été marquée par un retournement apparent après la destitution de Maduro, perçu comme un recul de l’influence chinoise. Cependant, les pertes de Pékin, notamment sur les conditions d’importation et l’exclusion de certains contrats, restent limitées. En outre, une augmentation de la production pétrolière pourrait finalement bénéficier à la Chine, plus grand importateur mondial de brut.

Enfin, le Brésil illustre une stratégie de diversification et d’autonomie dans ses relations internationales. Face à une montée des tensions avec Washington, marquées par des pénalités commerciales et diplomatiques, Brasília renforce ses partenariats avec la Chine, l’Union européenne, l’Inde et d’autres régions. L’élection présidentielle prévue en octobre 2026 pourrait influencer le ton des relations avec les États-Unis, mais la dépendance structurelle du pays à l’économie chinoise devrait demeurer inchangée.

En résumé, l’Amérique latine en 2026 s’efforce de maintenir un délicat équilibre entre les pressions croissantes de Washington et les opportunités offertes par Pékin, oscillant entre coopération sécuritaire et engagement économique, dans un contexte géopolitique régional et global en pleine transformation.

Sources : Warontherocks