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Selon des sources de renseignement arabes, l’Iran a récemment reçu des livraisons de batteries de missiles sol-air à longue portée HQ-9B d’origine chinoise, quelques semaines après le cessez-le-feu du 24 juin 2025 avec Israël. Ce transfert aurait été réalisé dans le cadre d’un accord de troc, où Téhéran a payé Pékin en livraisons de pétrole, un procédé déjà utilisé pour contourner les sanctions américaines.

Le nombre exact de systèmes livrés reste inconnu, et ni la Chine ni l’Iran n’ont confirmé officiellement ces informations. Néanmoins, des responsables arabes ont indiqué que les États-Unis ont été informés de ces efforts iraniens de reconstruction post-conflit, en particulier du renforcement de leur défense aérienne.

Les systèmes HQ-9B sont destinés à remplacer les capacités détruites lors de la campagne israélienne de douze jours qui visait les bases de missiles, les installations radar et les centres de commandement iraniens. Pendant cette opération, Israël a obtenu une supériorité aérienne temporaire, détruisant des lanceurs de missiles balistiques et éliminant plusieurs généraux et scientifiques iraniens. Malgré cela, l’Iran a continué à lancer des missiles contre des cibles israéliennes, frappant notamment des zones de Tel Aviv et Haïfa avant la mise en place du cessez-le-feu.

Conçu par la China Precision Machinery Import-Export Corporation (CPMIEC), le système HQ-9B est une version modernisée du HQ-9, intégrant des caractéristiques issues du système russe S-300PMU1, tout en conservant un radar et une électronique fabriqués en Chine. Le missile associé est à deux étages de propulsion solide, avec une portée maximale annoncée de 260 kilomètres et un plafond de 27 kilomètres.

La trajectoire de vol combine une navigation inertielle lors de la phase initiale, un guidage intermédiaire par liaison de données depuis une station terrestre, puis une phase terminale guidée par radar actif. Le missile atteint des vitesses supérieures à Mach 4,2. Une batterie type comprend un poste de commandement, un radar à antenne en phase de bande S modèle HT-233, un radar de détection, ainsi que six à huit lanceurs sur véhicules (TEL).

Le système radar assure une couverture circulaire à 360 degrés, capable de surveiller jusqu’à 100 cibles simultanément et d’engager entre six et huit d’entre elles en même temps, selon sa configuration. Bien que le HQ-9B n’ait pas encore été engagé en condition de combat réel, les exercices militaires chinois ont déjà simulé des interceptions contre des cibles furtives, des projectiles hypersoniques et des contre-mesures électroniques, incluant missiles de croisière et avions à basse observabilité.

Le dispositif de défense aérienne iranien actuel repose sur une combinaison de systèmes russes, chinois et indigènes. Il comprend notamment quatre batteries S-300PMU2, les systèmes Bavar-373 avec variantes améliorées revendiquant une portée de 300 kilomètres, ainsi que plus de 40 batteries des séries Khordad et Sayyad. Parmi les autres missiles sol-air à longue portée figurent l’Arman, qui propose un rayon d’action de 180 kilomètres et une vitesse entre Mach 5 et Mach 6,5, ainsi que le S-200 Ghareh, qui peut atteindre 350 kilomètres.

Pour les portées moyennes, l’Iran exploite les séries Raad, une version nationalisée améliorée du 2K12 Kub, le AD-40, le Mersad et une variante modernisée du Hawk. La défense aérienne iranienne inclut aussi des systèmes à courte portée tels que Herz-9, Kamin-2, Ya Zahra-3 et Azarakhsh, ainsi que des missiles sol-air portables (MANPADS) de la famille Misagh et le lanceur Soheil. À cela s’ajoutent des dispositifs d’artillerie antiaérienne (« gun-based air defense ») comme le ZSU-23-4 Shilka, le ZSU-57-2, le ZU-23-2 et des canons automatiques guidés radar de 100 mm ou 35 mm.

L’intégration du HQ-9B dans cette architecture à plusieurs étages renforce la portée opérationnelle et la résistance aux brouillages radar, notamment face aux menaces représentées par les appareils furtifs et les munitions à grande vitesse.

Sur le plan des relations militaires, la coopération sino-iranienne continue de se structurer pour éviter une confrontation directe avec les puissances occidentales. Lors du récent conflit irano-israélien, la Chine a condamné les frappes israéliennes et américaines via les instances des Nations unies et du groupe BRICS, tandis que le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a appelé à un nouvel accord international sur l’Iran, sans proposer d’assistance militaire. Pékin maintient officiellement son refus de ventes d’armes directes à l’Iran et affirme appliquer strictement les contrôles à l’exportation concernant le matériel à double usage.

Cependant, certaines entreprises chinoises comme Lion Commodities Holdings, basée à Hong Kong, ont été associées à des contrats avec des sociétés iraniennes, notamment Pishgaman Tejarat Rafi Novin Co. En avril et mai 2025, le département du Trésor américain a imposé des sanctions à des individus et entités chinoises et iraniennes impliqués dans l’acquisition d’éléments pour missiles, dans le cadre de la lutte internationale contre le développement nucléaire et balistique iranien.

La Chine reste le principal acheteur du pétrole iranien, la majeure partie de ce commerce s’effectuant via des raffineries indépendantes exploitant une « flotte noire » de pétroliers masquant l’origine du chargement afin d’échapper aux sanctions.

La coopération militaire a inclus des exercices conjoints répétés, tels que l’exercice « Cinturón de Seguridad Marítima » (Ceinture de Sécurité Maritime) en mars 2025, dans la région de Chabahar et du détroit d’Ormuz. Ce manœuvre a rassemblé une quinzaine d’unités navales iraniennes, chinoises et russes, simulant des tirs réels, opérations d’abordage, brouillages GPS et guerre électronique.

Ces activités traduisent une amélioration progressive de l’interopérabilité, même si leur impact opérationnel reste limité. Des négociations sont également en cours entre Pékin et Téhéran concernant la possible vente de chasseurs multirôles J-10C, appelés « Vigorous Dragon », propulsés par des moteurs WS-10B, dotés de radar AESA et conçus pour le combat à longue portée.

Cette perspective de vente inquiète Israël, qui a officiellement demandé à la Chine de suspendre le transfert. L’Iran voit dans le J-10C un moyen de compenser les lacunes persistantes de sa force aérienne, notamment du fait de livraisons lentes ou partielles de Su-35 russes. Aucun contrat formel n’a encore été rendu public.

Le HQ-9B est également en service dans plusieurs autres pays tels que le Pakistan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Maroc. En juillet 2025, l’Égypte a confirmé l’intégration de ce système dans son dispositif de défense aérienne grâce à une déclaration du général de division retraité Samir Farag sur une chaîne télévisée. Des vols militaires égyptiens à bord d’Il-76MF entre la Chine et le Pakistan ont été observés le même mois, probablement liés à ce déploiement.

La variante export du HQ-9B, appelée FD-2000B, est commercialisée comme alternative aux systèmes américains Patriot et français SAMP/T, souvent soumis à des restrictions d’emploi et à des conditions d’exportation strictes. Le coût estimé d’un régiment équipé de HQ-9B avoisine 1,5 milliard de dollars.

Dans le cas égyptien, des différends avec les fournisseurs occidentaux – comme le refus américain de livrer des missiles AIM-120 AMRAAM, le blocage par la France des missiles MICA à longue portée pour les Rafale, ou le redéploiement par l’Allemagne des batteries IRIS-T SLM vers l’Ukraine – ont contribué à orienter le choix vers le système chinois.

Conçu pour la mobilité et la compatibilité avec d’autres plateformes radar et de surveillance, le HQ-9B couvre en Égypte des zones stratégiques telles que la péninsule du Sinaï, le canal de Suez et la côte de la mer Rouge. Cette implantation respecte les clauses des Accords de Camp David, qui limitent la présence d’avions de combat dans le Sinaï.

La mobilité du HQ-9B et sa compatibilité avec des systèmes comme le MiG-29M permettent une utilisation conforme aux traités en vigueur. Un déploiement similaire est attendu en Iran, où le système sera intégré à une architecture comprenant les systèmes russes Buk-M2 et Tor-M2, des radars allemands, et des capteurs développés localement. Cette approche s’inscrit dans la stratégie iranienne de disposer d’une défense aérienne multi-couches et multi-fournisseurs, réduisant sa dépendance à des partenaires soumis à des contraintes politiques.

La future intégration possible du HQ-9B avec des avions chinois tels que le J-10C et le J-31, ainsi que sa compatibilité avec des architectures de défense aérienne en réseau, soutiennent cet objectif, même si aucune preuve d’intégration opérationnelle n’a encore été confirmée.

Bien que le HQ-9B n’ait pas encore été testé en situation de combat, son adoption par plusieurs pays et les performances démontrées lors d’exercices militaires chinois témoignent d’une confiance internationale croissante dans ses capacités.