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Les tensions nucléaires, les conflits régionaux et les enjeux géopolitiques mondiaux s’enchaînent avec des conséquences multiples. Ce panorama analyse les dynamiques actuelles autour de l’Iran, de la Russie, de la Chine, de la Corée du Nord et des groupes djihadistes, mettant en lumière leurs impacts stratégiques.

Iran

Les relations entre le gouvernement iranien et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) connaissaient déjà une dégradation avant les récentes frappes israéliennes et américaines contre le programme nucléaire iranien, et cette situation s’est encore détériorée depuis la mise en place d’un cessez-le-feu. Au fil des années, Téhéran avait restreint l’accès des inspecteurs, tout en accusant l’AIEA de partialité, mais gardait une certaine coopération avec l’agence. Toutefois, après les attaques, le gouvernement iranien a rapidement adopté une loi parlementaire suspendant cette coopération, et le 4 juillet, l’AIEA a confirmé le retrait de ses inspecteurs.

Ce choix répond notamment à la crainte qu’Israël et les États-Unis exploitent les informations recueillies par ces inspecteurs pour planifier de futures frappes. L’Iran n’exclut pas un retour en arrière, à condition que ses droits à l’enrichissement d’uranium et la sécurité de ses sites nucléaires soient reconnus. Or, seules des négociations crédibles, potentiellement avec l’administration Trump, pourraient permettre une telle évolution, laquelle demeure peu probable à court terme. Dans l’intervalle, les activités nucléaires iraniennes se déroulent donc dans une opacité accrue, même si les services de renseignement américains, israéliens et alliés surveillent probablement étroitement la situation.

Russie

Ces deux dernières semaines, les forces russes ont repris du terrain tout en poursuivant de lourdes frappes aériennes contre l’Ukraine, dont la plus importante opération le 28-29 juin, avec 537 drones et missiles lancés. En réponse, Kiev a mené des frappes de drones sur le territoire russe, entraînant la fermeture temporaire d’aéroports entre le 5 et le 7 juillet, ce qui a perturbé le voyage de plus de 11 000 passagers.

Malgré les efforts renouvelés des États-Unis pour faire avancer les pourparlers de paix, notamment un entretien téléphonique le 3 juillet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, les avancées restent minces. Trump a par ailleurs exprimé sa frustration en accusant publiquement Poutine de tenir des propos mensongers envers Washington.

Le 7 juillet, le ministre russe des Transports, Roman Starovoït, a été limogé, puis retrouvé mort par balle quelques heures plus tard. Les autorités russes évoquent un suicide, mais ce décès s’ajoute à une série d’autres morts suspectes parmi les hauts fonctionnaires et hommes d’affaires, comme celle d’Andrei Badalov, vice-président de Transneft, retrouvé mort près de son domicile.

Par ailleurs, les tensions entre l’Azerbaïdjan et la Russie se sont récemment amplifiées à la suite d’arrestations et d’interpellations de nombreux Azerbaïdjanais ethniques à Iekaterinbourg, se soldant par deux morts en détention et plusieurs hospitalisations. En représailles, Bakou a annulé des événements culturels russes, perquisitionné les bureaux de Sputnik et renforcé les contrôles sur les ressortissants russes. Si le différend devrait s’apaiser, il illustre le recul de l’influence russe dans le Caucase du Sud.

Chine

Avec l’arrivée de la saison des pluies, des conditions météorologiques extrêmes posent un véritable défi à la sécurité nationale chinoise. La province du Guizhou, dans le sud-ouest, a subi ses pires inondations depuis trente ans, contraignant des dizaines de milliers d’habitants à évacuer. D’autres provinces du sud et du sud-ouest ont également été sévèrement affectées par les crues, tandis que plusieurs régions ont dû affronter des températures dépassant les 38 degrés Celsius.

Du 30 juin au 6 juillet, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a mené une tournée européenne majeure, rencontrant des dirigeants de l’Union européenne, de la France et de l’Allemagne. Il a adopté un ton conciliant, insistant sur le fait que la Chine et l’Europe ne sont pas des adversaires et appelant à une politique européenne plus « positive et pragmatique » à l’égard de Pékin. Néanmoins, les désaccords sur les pratiques commerciales déloyales de la Chine et son soutien à la Russie dans le conflit ukrainien restent vifs en Europe.

L’absence remarquée du président Xi Jinping lors du sommet des BRICS au Brésil a suscité diverses hypothèses, allant de raisons politiques internes à un désintérêt pour ce groupement. Toutefois, il semble que Xi, face à de nombreuses priorités, ait simplement délégué une partie de sa diplomatie au Premier ministre Li Qiang.

Corée du Nord

Les liens entre la Corée du Nord et la Russie se renforcent. Selon un briefing de renseignements sud-coréen, Pyongyang recruterait des troupes supplémentaires pour soutenir une offensive russe prévue en juillet ou août. Les estimations varient entre 6 000 et jusqu’à 30 000 combattants nord-coréens.

Les échanges commerciaux et la coopération bilatérale s’intensifient également. La Russie exprime une forte demande de main-d’œuvre nord-coréenne, notamment pour des chantiers dans la région de Kursk et l’Extrême-Orient russe. Les deux pays envisageraient aussi des systèmes alternatifs de paiement, incluant des contributions en nature.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, doit se rendre à Pyongyang du 11 au 13 juillet pour un second round de dialogue stratégique, avec au programme un échange sur les défis géopolitiques et la possibilité d’une visite du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à Moscou.

Groupes djihadistes

Depuis plus de dix ans, la branche d’al-Qaïda au Sahel, Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), étend progressivement son champ d’action, passant du Mali au Burkina Faso, au Niger, puis récemment à des régions du Bénin, du Togo et de la Côte d’Ivoire, menaçant désormais la Mauritanie et le Sénégal.

Le 1er juillet, JNIM a attaqué sept postes militaires maliens, dont cinq situés proche des frontières avec la Mauritanie et le Sénégal. Ces attaques ont suscité une vive inquiétude dans les capitales de Nouakchott et Dakar, où les autorités redoutent la contagion du terrorisme djihadiste depuis longtemps. Dans le passé, al-Qaïda au Maghreb islamique avait déjà déstabilisé la Mauritanie (2005-2011). Par ailleurs, des combattants sénégalais ont été impliqués dans divers groupes djihadistes en Libye, au Nigeria et dans la région Sahel, alimentant le risque d’infiltrations et d’attaques sur leur territoire.

Cette situation met en lumière la dégradation persistante de la sécurité au Sahel et les limites des efforts conjoints, notamment ceux de la Russie et des États sahéliens, pour enrayer l’expansion de l’insurrection de JNIM.