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La France envisage la possibilité de se retirer du programme européen Eurodrone, une décision qu’elle a communiquée à ses partenaires allemands, espagnols et italiens.

Selon plusieurs sources concordantes, Paris étudie actuellement les conditions d’un éventuel retrait du programme Eurodrone, dédié au développement de drones MALE (Moyenne Altitude, Longue Endurance) mené en coopération par l’Allemagne, l’Espagne, la France et l’Italie. Toutefois, une sortie unilatérale n’est pas prévue dans l’immédiat. En février 2022, ces quatre pays s’étaient engagés à acquérir 21 systèmes Eurodrone, comprenant jusqu’à 63 drones, options comprises. La France a donc demandé à ses partenaires européens d’examiner ensemble les répercussions industrielles et opérationnelles d’un tel retrait. « Aucune décision n’a encore été prise », assure La Tribune.

La décision finale devrait intervenir d’ici la fin de l’été, voire au début de l’automne (fin septembre/début octobre). Par ailleurs, une réorientation stratégique du programme vers des missions de sécurité intérieure est également évoquée.

Avant que l’armée de l’air française et la Direction générale de l’armement n’informent officiellement leurs homologues européens, l’Allemagne avait appris les intentions françaises par des indiscrétions plus ou moins précises, ce qui a provoqué une brève crise diplomatique entre Paris et Berlin. En juin, des représentants allemands se sont rendus à Paris afin de clarifier la situation. Les autorités françaises ont exprimé leurs doutes concernant le développement d’Eurodrone, tout en confirmant qu’aucune décision définitive n’avait été arrêtée.

À noter que, de 2018 à 2022, Berlin n’avait pas adopté la même démarche vis-à-vis de Paris, retirant abruptement et unilatéralement sa participation à plusieurs programmes communs, tels que le missile tactique air-sol MAST-F, la modernisation de l’hélicoptère de combat Tigre (Mark 3) ou encore l’avion de patrouille maritime MAAWS.

Michel Cabirol