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La Chambre des communes a été le théâtre, jeudi, d’un débat animé concernant le renforcement de la coopération nucléaire entre le Royaume-Uni et la France, suite à la confirmation par la ministre de la Défense Maria Eagle d’une déclaration historique. Celle-ci instaurera pour la première fois une coordination des réponses des deux pays face à des menaces extrêmes pesant sur l’Europe.

Interrogée par le député conservateur James Cartlidge sur l’absence d’une déclaration formelle du gouvernement devant la Chambre, Maria Eagle a répondu : « Il n’y a pas encore eu de déclaration car l’accord n’a pas encore été signé… Je suis certaine que dès sa signature, nous pourrons fournir davantage de précisions. »

La ministre a souligné que ce nouvel accord ne modifiait en rien la posture nucléaire indépendante du Royaume-Uni. « Notre dissuasion nucléaire ne peut en aucune circonstance être autorisée que par le Premier ministre. Cela reste inchangé, » a-t-elle affirmé. « Il ne s’agit pas d’une nouvelle doctrine. Notre doctrine nucléaire demeure celle que nous avons toujours eue. »

Eagle a insisté sur le fait que cet accord reflète un alignement croissant entre les deux puissances nucléaires européennes. « Lorsque des intérêts vitaux sont en jeu, il existe une opportunité de coordination entre nos deux nations quant à la réponse à apporter. Cela renforce simplement la puissance de la dissuasion à travers l’Europe. »

James Cartlidge avait critiqué le gouvernement pour le fait que « des questions aussi importantes ne justifient pas de déclaration » et a exigé des éclaircissements sur ce qu’il a qualifié de « paradoxe profond » : un renforcement de la coopération franco-britannique dans le domaine de la défense alors que le Royaume-Uni « ne bénéficie toujours pas d’un accès au financement réel ni au fonds européen de réarmement ».

Il a formulé plusieurs demandes de précisions : « La ministre peut-elle confirmer ce que cela implique pour la nature opérationnelle, indépendante et souveraine de notre dissuasion nucléaire Trident ? Comment se déroulera concrètement cette coordination ? Quel impact cela aura-t-il sur l’OTAN et notre étroite coopération avec les États-Unis ? »

Cartlidge a également abordé la question des armes nucléaires tactiques : « Le Royaume-Uni et la France envisagent-ils désormais une coopération sur des options de déploiement nucléaire tactique à travers notre base industrielle commune d’armes complexes ? »

Maria Eagle a écarté toute idée selon laquelle le gouvernement chercherait à développer des capacités nucléaires tactiques. « Ce gouvernement ne considère aucune utilisation d’armes nucléaires comme tactique, » a-t-elle affirmé. « Nous ne proposons pas dans cet accord de développer de nouveaux types d’armes nucléaires. Il s’agit de coordonner les options que nous avons déjà afin de renforcer l’Europe et l’Atlantique Nord. »

Elle a réaffirmé que la dissuasion britannique reste dédiée à l’OTAN et a précisé que cet accord confirme simplement « qu’aucune menace extrême pesant sur l’Europe ne manquerait de provoquer une réponse coordonnée des deux nations ».

Présentant ce développement comme « un engagement de campagne, une promesse faite et tenue », Maria Eagle a conclu que le partenariat franco-britannique « renforce la dissuasion face à nos ennemis potentiels en clarifiant que les deux pays agiront de concert, plutôt que de manière totalement isolée ».