Le ministère de la Défense britannique a annoncé, dans une lettre du ministre de la Défense Luke Pollard adressée au président du comité de la Défense Tan Dhesi, que la part du travail effectué au Royaume-Uni dans le cadre du programme des navires de soutien solide de la flotte (Fleet Solid Support Ship – FSS) augmentera grâce à une « nouvelle approche ». Cette décision fait suite au transfert partiel de la fabrication du premier navire vers l’Espagne, afin d’éviter des retards après la faillite de Harland and Wolff.
Dans une annexe détaillée remise au comité, Luke Pollard souligne qu’« il n’existe aucune obligation contractuelle fixant une part de travail au Royaume-Uni ». Le contrat conclu sous le précédent gouvernement reposait sur la stratégie de construction proposée par Navantia UK, évaluée comme offrant « les meilleurs bénéfices sociaux et le meilleur contenu britannique possibles, tout en équilibrant coûts, calendrier et capacités ».
Le ministre précise également que le contrat comporte un « engagement en matière de valeur sociale », impliquant le développement des compétences, l’apprentissage et des investissements dans les chaînes d’approvisionnement au Royaume-Uni.
Par ailleurs, Pollard confirme que la recapitalisation du chantier naval de Belfast constitue une exigence contractuelle. Il ajoute que « l’intégralité des travaux de génie civil est réalisée par des fournisseurs britanniques », ce qui devrait générer « des retombées durables pour la communauté locale, notamment en termes de chaînes d’approvisionnement, d’emplois et d’engagement communautaire ».
Concernant le premier navire, l’annexe explique qu’« il est nécessaire que davantage de travaux de fabrication soient effectués en Espagne », en raison de la suspension temporaire de la recapitalisation à Belfast lors des difficultés financières de Harland and Wolff. Ce transfert vise « à minimiser l’impact sur les échéances de livraison du navire », avec une responsabilité « partagée entre Navantia UK et le ministère de la Défense ».
Luke Pollard insiste cependant sur le fait que cette mesure n’entraîne pas de diminution globale de la production nationale. L’annexe précise : « La réduction du travail britannique sur le premier navire sera compensée par une augmentation du travail sur les deuxième et troisième navires, assurant ainsi le maintien de la part britannique globale. En réalité, selon les estimations actuelles, les heures de travail au Royaume-Uni augmentent légèrement dans ce nouveau cadre ». Pollard mentionne par ailleurs que Navantia UK « a investi davantage dans une barge de 85 mètres construite dans son chantier de Methil en Écosse ».
La recapitalisation à Belfast a repris au printemps 2025 suite au rachat des chantiers Harland and Wolff par Navantia UK. La préparation à la production se manifestera notamment par « la fabrication d’un module test à Belfast », sous supervision conjointe du ministère de la Défense et de Navantia.
Sur le plan financier, Pollard affirme que le transfert de certaines phases initiales vers l’Espagne « ne génère pas de coûts supplémentaires et permet une livraison plus rapide des navires que si le travail avait été maintenu à Belfast ». Il confirme également que la charge de travail sur le chantier d’Appledore, incluant les sections avant des trois navires, « reste inchangée ».
En ce qui concerne l’impact industriel, l’annexe souligne : « La charge et la main-d’œuvre des chantiers navals britanniques devraient être maintenues voire augmentées au cours du programme », avec un maintien de la politique de recrutement d’apprentis sur les sites d’Appledore et Belfast. Selon Pollard, le rachat des chantiers H&W par Navantia UK a « permis un engagement renouvelé envers les fournisseurs ».
Sur la supervision des décisions de restructuration prises par Navantia, le ministre précise : « En tant que maître d’œuvre principal, il appartient à Navantia UK de gérer ses fournisseurs dans le cadre d’un prix fixe pour la livraison des trois navires FSS ». Le contrat prévoit « des mécanismes de recours liés à la performance de livraison », et il insiste sur le fait que « toute modification majeure de la stratégie de construction doit faire l’objet d’une consultation préalable ».
Luke Pollard conclut en affirmant que le programme continue de répondre à ses objectifs stratégiques : « Le programme FSS est une très bonne nouvelle pour les fournisseurs et l’industrie navale britannique et le Gouvernement s’engage à soutenir un secteur naval florissant à travers tout le Royaume-Uni ».