Le porte-avions USS Gerald R. Ford et son groupe aéronaval sont arrivés en Amérique latine, près de trois semaines après leur ordre de rejoindre les forces américaines déployées dans la région des Caraïbes.
La marine américaine a confirmé que l’USS Gerald R. Ford est entré dans la zone de responsabilité du Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM) ce mardi. Le porte-avions n’est pas encore dans la mer des Caraïbes, mais il doit venir renforcer les forces déjà présentes. L’arrivée de ce groupe aéronaval constitue une importante montée en puissance des effectifs militaires américains en Amérique latine cet automne. L’administration Trump affirme être engagée dans un « conflit armé » contre des cartels de la drogue qu’elle a désignés comme organisations terroristes étrangères.
Outre le porte-avions, le groupe aéronaval comprend trois destroyers lance-missiles de classe Arleigh Burke : l’USS Bainbridge, l’USS Mahan et l’USS Winston Churchill. Cette présence porte à plusieurs dizaines le nombre de navires de la marine américaine opérant dans la zone. Deux destroyers initialement déployés avec le groupe plus tôt cette année opèrent désormais au Moyen-Orient, selon le suivi de la flotte publié par l’Institut naval américain.
Le porte-avions, les destroyers et les escadrons aériens ont pour mission de renforcer la capacité des États-Unis à détecter, surveiller et perturber les acteurs et activités illicites, a déclaré le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell. Des milliers de marins et de marines sont actuellement actifs dans les Caraïbes, dans le cadre d’une opération ciblant les trafiquants de drogue dans la région.
L’USS Gerald R. Ford peut embarquer jusqu’à 75 appareils. Il transporte actuellement trois escadrons de chasseurs F/A-18E, un escadron de F/A-18F, un escadron de guerre électronique ainsi que plusieurs escadrons d’hélicoptères, selon la Marine américaine.
Le Pentagone a ordonné le 24 octobre au groupe aéronaval de quitter la Méditerranée pour rejoindre la mer des Caraïbes. Ce déplacement devait durer plusieurs jours, mais le Ford et ses navires ont fait une pause près du détroit de Gibraltar début novembre, maintenant leur position plusieurs jours au large du Maroc.
Les États-Unis ont mené 19 frappes contre des embarcations dans les Caraïbes et l’est du Pacifique depuis septembre, avec un rythme qui s’accélère. Neuf de ces frappes ont eu lieu depuis que l’USS Gerald R. Ford et son groupe aéronaval ont reçu l’ordre de se rendre dans la région. Selon les chiffres communiqués par l’administration Trump et le Pentagone, au moins 76 personnes ont été tuées lors de ces opérations. Les frappes ont été effectuées par des drones MQ-9 Reaper, des avions AC-130J et des chasseurs, rapporte CNN. Trois survivants ont été signalés, dont deux ont été rapatriés dans leur pays d’origine.
Ces opérations ont également exacerbé les tensions entre les États-Unis et le Venezuela, les Américains accusant Caracas d’avoir un rôle dans la coordination ou la direction de plusieurs cartels. Aujourd’hui, la télévision d’État vénézuélienne a annoncé un « déploiement massif » de ses forces armées dans une démonstration de force face à la montée en puissance américaine. Les États-Unis ont aussi critiqué le gouvernement colombien, après que ce dernier a accusé une frappe américaine d’avoir eu lieu dans les eaux colombiennes.
Le groupe aéronaval USS Gerald R. Ford s’ajoute aux nombreux navires déjà actifs dans la zone de responsabilité de SOUTHCOM, dont huit bâtiments de surface, un sous-marin d’attaque rapide et un navire servant de base flottante pour les opérations spéciales. Parmi ces forces figure le groupe amphibie Iwo Jima, qui embarque la 22e unité expéditionnaire de marines. Par ailleurs, des chasseurs F-35 et des drones ont été déployés à Porto Rico. Des avions d’attaque AC-130J ont été repérés récemment sur une base au Salvador. D’autres unités, notamment des forces spéciales, ont mené des exercices dans les Caraïbes cet automne, bien que cela ne soit pas officiellement lié à la mission antidrogue.