Alors que l’Armée pakistanaise renforce sa force de roquettes avec le système de lance-roquettes multiples guidé indigène Fatah-II, doté d’une portée impressionnante de 400 km, l’Armée indienne se trouve confrontée à une asymétrie urgente dans ses capacités de frappe profonde sur le front occidental. Si la variante Pinaka Mk-III, développée par l’Organisation indienne de recherche et développement en défense (DRDO), promet une portée de 300 km d’ici 2027, cela reste insuffisant face aux salves précises et à basse altitude d’Islamabad, capables de menacer les centres logistiques indiens du Pendjab au Rajasthan.
Pour retrouver son avantage, l’Armée doit orienter la DRDO vers un développement accéléré des versions Pinaka Mk5 (400 km) et Mk6 (plus de 500 km) — des roquettes guidées à coût réduit, conçues pour des tactiques de saturation et une meilleure mobilité. Cette évolution économique, reposant sur la modularité déjà éprouvée du système Pinaka, ne se contenterait pas de neutraliser la menace Fatah-II, mais renforcerait également la doctrine d’autonomie stratégique « Aatmanirbhar » de l’Inde, dans un contexte de tensions frontalières croissantes.
L’entrée en service prévue du Fatah-II en mai 2024, suivie de tests de grande envergure en 2025, illustre la volonté du Pakistan de remettre en cause la supériorité conventionnelle indienne, à l’image de ses essais précédents avec le missile MIRV Ababeel. Fort des enseignements tirés de l’Opération Sindoor, Delhi ne peut se permettre de céder du terrain ; une famille Pinaka capable d’atteindre 500 km étendrait significativement les zones de dissuasion, protégeant des actifs clés sans pour autant franchir le seuil des missiles balistiques.
Présenté comme un « facilitateur de frappes profondes de précision », le Fatah-II constitue un saut qualitatif pour l’artillerie pakistanaise. Équipé de lanceurs à deux tubes tirant des roquettes guidées de 300 mm, il assure une portée de 400 km avec une précision inférieure à 10 mètres d’erreur probable circulaire (CEP) grâce à un guidage combinant inertiel/GPS en phase de croisière et une navigation optique lors de l’approche finale.
Durant un récent affrontement avec le Pakistan, ce missile a été intercepté à la fois par les systèmes de défense aérienne Akash et MRSAM indiens. Cependant, il semble que le Pakistan continue à miser sur ce système pour frapper des cibles en profondeur sur le territoire indien lors d’un prochain conflit, rendant indispensable pour l’Armée indienne le développement de versions Pinaka à plus longue portée.
Les versions Pinaka Mk5 et Mk6 pourraient ainsi fournir à l’Armée indienne une puissance de feu accrue à moindre coût, renforçant sa posture stratégique face aux menaces croissantes.