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Une nouvelle vidéo montrant des soldats de l’Armée populaire de libération (PLA) tirant le missile antichar HJ-12, surnommé le « Javelin chinois », circule intensément en ligne. Cependant, ce n’est pas sa précision qui fait débat, mais plutôt la traînée de fumée épaisse qu’il laisse, suscitant de vives critiques parmi les passionnés de défense indiens qui le comparent au missile antichar portable MPATGM développé par l’Organisation indienne de recherche et développement en défense (DRDO). Les récents essais du MPATGM, achevés il y a quelques mois, ont démontré un lancement avec une signature d’échappement minimale, offrant un net avantage en discrétion dans les affrontements frontaliers sensibles.

Publié le 25 octobre sur des chaînes affiliées à l’État, comme Bayi Video, le clip montre des soldats de la PLA dans un environnement humide réalisant des tirs de ce missile de troisième génération sur des cibles blindées factices. Si Pékin vante l’HJ-12 comme une arme « tire et oublie » comparable au FGM-148 Javelin américain, la traînée blanche visible a généré de nombreux commentaires et analyses sur les réseaux sociaux indiens, reflétant la course à l’innovation le long de la Ligne de contrôle réel (LAC).

Durant trois minutes, la vidéo partagée sur YouTube et Instagram présente des fantassins de la PLA dans le théâtre de commandement sud de la Chine lançant l’HJ-12 depuis un tube porté à l’épaule. Le missile monte en trajectoire d’attaque plongeante et cible à l’infrarouge un simulateur de char éloigné. Dès l’allumage du moteur, une épaisse fumée blanche s’élève, visible plusieurs secondes après le tir et traçable jusqu’au tireur.

Est-ce une conséquence des conditions d’humidité, un choix économique du propergol ou une mise en scène intentionnelle à visée propagandiste ? Un utilisateur sur X a ironisé : « C’est un clone de Javelin moins performant qui laisse une traînée de fumée énorme jusqu’au tireur », exprimant ainsi les inquiétudes quant au risque de détection dans des terrains contestés comme le Ladakh. Des vidéos plus anciennes de l’HJ-12 montrent une combustion plus propre, suggérant que cette variante, probablement la moins coûteuse GAM-100 dotée d’un moteur fumigène, serait destinée à l’export ou à l’entraînement, plutôt qu’à un usage opérationnel de première ligne.

Développé par Norinco depuis le début des années 2010, l’HJ-12 (Hongjian-12 ou Flèche rouge-12) représente l’ambition chinoise de dominer le marché des missiles portables, avec des capacités similaires au Javelin grâce à un chercheur infrarouge à ondes moyennes/larges. Pesant entre 17 et 22 kg (tube inclus d’environ 1,25 m), il peut être lancé par un seul soldat et atteint une portée de 4 km. Sa charge tandem pénètre 1 100 à 1 200 mm de blindage homogène laminé, efficace contre les plaques réactives modernes des T-90 ou Type 99.

Contrairement aux modèles guidés par commande, ce missile attaque par le haut en mode « tire et oublie », après un balayage laser initial et un verrouillage thermique. Proposé aux alentours de 70 000 à 100 000 dollars l’unité, il est prêt à l’exportation. Des déploiements ont été observés au Tibet dès 2021, suscitant des inquiétudes pour les forces blindées indiennes le long de la LAC. Selon les analystes sur X, la démonstration d’octobre mêle inspiration technologique occidentale et adaptations locales pour la production de masse.

À l’inverse, le MPATGM indien de la DRDO, prévu pour des essais finaux en 2025, mise sur la discrétion avec un chercheur infrarouge non refroidi (IIR) multi-mode et une signature d’échappement très réduite. Son troisième essai en août 2025 a validé ses performances jour/nuit à plus de 2,5 km. Le propergol à faible émission assure aux opérateurs de rester invisibles dans les conditions extrêmes d’humidité ou de poussière de l’Himalaya.

Pesant moins de 15 kg, le MPATGM dispose d’un chercheur multimode pour des attaques par le haut ou le flanc, capable de pénétrer entre 800 et 1 000 mm derrière un blindage réactif explosif. Il est spécifiquement conçu pour contrer des menaces telles que le char chinois ZTZ-99. Les tests récents ont confirmé la fiabilité du système « tire et oublie » à partir de lanceurs portables, sans émission de fumée dévoilant la position — atout crucial pour l’infanterie lors d’affrontements comme ceux de la vallée de Galwan. Comme l’a résumé un post sur X en comparant les vidéos : « Il est évident que la version chinoise dégage beaucoup plus de fumée. »

Caractéristique HJ-12 (Chine) MPATGM (Inde)
Portée 4 km 2,5 km
Poids (lanceur + missile) 17-22 kg < 15 kg
Chercheur Infrarouge moyenne/longue onde IIR non refroidi (multi-mode)
Pénétration 1 100–1 200 mm (charge tandem) 800–1 000 mm (post-blindage réactif)
Signature au lancement Forte traînée de fumée visible Fumée minimale ou nulle
Mode de tir Tire et oublie (attaque par le haut) Tire et oublie (attaque par le haut ou le flanc)
Statut Déployé (PLA, export) Essais utilisateurs (2025)

Sur X, les utilisateurs indiens, qu’ils soient experts en défense ou simples observateurs, ont abondamment commenté la vidéo, partageant des captures comparatives montrant la « signalisation fumigène » de l’HJ-12 face aux lancements propres du Javelin américain et encore plus discrets du MPATGM. « Regardez cette énorme traînée… Le Javelin américain FGM-148 ne fait pas ça », a affirmé un post viral rassemblant des milliers de vues. Les débats s’intensifient : cette fumée dénoncerait-elle la position des tireurs chinois, exposés au feu adverse ? Ou faut-il y voir une exagération, certains y voyant un simple effet de l’humidité et non une faiblesse opérationnelle ?