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Un haut responsable de l’Armée de l’air indienne (IAF) a réaffirmé l’engagement de l’Inde envers son ambition de défense autonome en précisant que l’acquisition prévue de cinq escadrons supplémentaires du système russe de défense antiaérienne S-400 ne remettra pas en cause les besoins ni le financement du projet Kusha. Pilotée par le DRDO, cette initiative vise à développer un missile sol-air longue portée de nouvelle génération (LR-SAM). Selon cet officier, qui s’est confié en exclusivité, le projet Kusha est toujours prévu pour une mise en service avant 2030, avec un engagement ferme de l’IAF, positionnant ce système comme une couche supérieure au S-400 dans une architecture de défense aérienne à plusieurs niveaux.

« Les plans pour acquérir cinq escadrons supplémentaires du système S-400 ne vont pas diminuer les exigences du projet Kusha », a déclaré l’officier, soulignant le caractère complémentaire des deux systèmes. « Le projet Kusha, qui devrait être prêt avant 2030, bénéficiera du même niveau d’engagement et l’achat de systèmes S-400 additionnels n’entraînera aucune réduction des commandes pour Kusha ». Cette confirmation intervient alors que les négociations avec la Russie pour cette extension, estimée entre 4 et 5 milliards de dollars, progressent. L’accord prévoit également un transfert de technologies vers des entreprises indiennes privées pour une production partiellement locale.

Le S-400 Triumf, déjà pilier central de la défense aérienne indienne avec trois escadrons opérationnels sur les frontières avec la Chine et le Pakistan, a démontré son efficacité lors de récents conflits, notamment lors de l’opération Sindoor où il a neutralisé une part importante des menaces entrantes. Les cinq escadrons additionnels — dont trois livrés directement par la Russie et deux fabriqués localement — renforceront la couverture dans des zones à risques élevés telles que le Ladakh et le Rajasthan, avec des livraisons prévues d’ici 2028. Cette approche hybride, validée par Moscou, intègre des améliorations indigènes comme des capteurs avancés destinés à contrer les leurres hypersoniques, augmentant ainsi la résilience face aux menaces évolutives.

Le projet Kusha, nommé officiellement Extended Range Air Defence System (ERADS), vise à combler des lacunes cruciales dans le bouclier aérien indien, offrant des capacités d’interception à plus de 350 km, rivalisant ou surpassant le système russe S-500. « Kusha sera positionné au-dessus du S-400 et disposera de capacités similaires ou supérieures à celles du S-500 », a ajouté l’officier, mettant en avant son rôle dans la neutralisation de missiles balistiques, d’avions furtifs et de menaces hypersoniques grâce à des intercepteurs avancés propulsés par statoréacteurs, notamment la variante M3.

Le programme, approuvé par le Cabinet Committee on Security en 2022 avec une acceptation de nécessité pour cinq escadrons à hauteur de 21 700 crore INR (environ 2,7 milliards d’euros), envisage au total jusqu’à dix unités. Il sera parfaitement intégré au système intégré de commandement et contrôle aérien de l’IAF (IACCS). Les défis techniques en cours de résolution concernent notamment la fiabilité des têtes de destruction et la fusion radar commandée par intelligence artificielle. La phase II prévoit le développement de missiles offrant une portée supérieure à 600 km.

Les déclarations de cet officier concordent avec celles du directeur du DRDO, le Dr Samir V. Kamat, qui avait précédemment confirmé que Kusha dépasse les performances du S-400, ouvrant la voie à une autonomie accrue dans les défenses aériennes de haute technologie. Cette double stratégie, alliant importation de systèmes éprouvés et développement de technologies nationales, illustre la feuille de route de l’IAF vers un réseau de défense multi-couches robuste, dans un contexte de tensions croissantes dans la région indo-pacifique.