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Une récente publication a relancé le débat sur les réseaux sociaux au sujet d’une mission à haut risque menée par la Force aérienne pakistanaise (PAF) visant à neutraliser le redoutable système de défense aérienne indien S-400. L’ancien Air Commodore Khalid Chishti a salué le courage des pilotes du No. 14 Squadron, surnommé les « Tail Choppers », dans une opération dite « sans retour » qui aurait permis de détruire une batterie ennemie S-400, ouvrant soi-disant un « nouveau chapitre dans l’histoire du courage pakistanais ». Cependant, des interrogations subsistent : la PAF aurait-elle payé un lourd tribut ? Des sources indiennes affirment que deux chasseurs JF-17 Thunder de cette escadrille auraient été abattus lors du raid, tandis que des civils proches de bases aériennes pakistanaises rapportaient des explosions dans le ciel.

Le contexte remonte au conflit bref mais intense entre l’Inde et le Pakistan en 2025, déclenché en mai après l’opération Sindoor menée par l’Inde. Celle-ci avait consisté en une série de frappes de missiles sur des camps terroristes dans la région du Cachemire administrée par le Pakistan, en représailles à l’attaque terroriste du 22 avril à Pahalgam ayant fait 25 morts. Ce qui avait débuté comme des échanges d’artillerie transfrontaliers s’est rapidement transformé en combats aériens et frappes de précision. Chaque camp a revendiqué des succès tout en accusant l’autre de diffuser de fausses informations.

Les Tail Choppers, basés à la base aérienne Rafiqui au Pendjab, possèdent une renommée ancienne, remontant à la guerre indo-pakistanaise de 1965, où ils ont gagné leur surnom en « découpant » la queue des appareils ennemis. Équipés des chasseurs multirôles JF-17 Block III, fruit de la coopération sino-pakistanaise, dotés d’avioniques avancées et de missiles hypersoniques à longue portée comme le CM-400AKG, ils étaient en pointe lors de la contre-offensive pakistanaise appelée opération Bunyan Marsoos.

Selon le service de communication interarmées pakistanais (ISPR), dans la nuit du 9 au 10 mai 2025, deux JF-17 du No. 14 Squadron ont décollé de Rafiqui et pénétré profondément dans l’espace aérien indien près de la base aérienne d’Adampur, toujours au Pendjab. L’objectif de la mission : neutraliser l’une des précieuses batteries S-400 Triumf indiennes, système russe de défense sol-air estimé à plus de 1,5 milliard de dollars, capable d’engager des cibles à 400 kilomètres. L’ISPR affirme que les avions ont tiré deux missiles CM-400AKG, qui auraient touché le poste de commandement de la batterie S-400, la rendant inopérante, marquant ainsi une « première victoire » rare contre ce système sophistiqué.

En hommage, deux pilotes du No. 14 Squadron ont reçu à titre posthume le Sitara-e-Jurat, la troisième plus haute distinction militaire pakistanaise, lors de la cérémonie de la Fête de l’Indépendance le 14 août 2025. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a personnellement salué l’escadrille pour avoir « abattu des Rafale et détruit des S-400 », tandis que le Wing Commander Malik Rizwanul Haq a été distingué pour avoir neutralisé le radar « cheese board » du système.

Au retour, ou lors de la tentative de retour, des événements chaotiques se sont produits dans l’est du Pakistan. Des civils près de la base Rafiqui à Shorkot et autour de Gujranwala ont rapporté l’audition de multiples explosions, tirs anti-aériens et éclairs lumineux dans le ciel entre 2 et 3 heures du matin le 10 mai. Les médias locaux ont décrit des « explosions brillantes » et des « tirs intenses », certains habitants ayant même cru à l’arrivée de drones indiens.

Le ministère indien de la Défense a qualifié les allégations pakistanaises sur les S-400 de « propagande fabriquée », assurant que la batterie d’Adampur était pleinement opérationnelle. New Delhi est allé plus loin, affirmant que ses défenses aériennes avaient abattu plusieurs intrus pakistanais au cours de l’incursion. Selon les chiffres officiels de l’opération Sindoor, l’Indian Air Force (IAF) aurait abattu six appareils pakistanais, dont un F-16 et deux JF-17 Block II, avec comme armes notamment les missiles Barak-8 d’origine israélienne.

Bien que le No. 14 Squadron ne soit pas nommé explicitement, le moment et le lieu – des JF-17 revenant d’un raid au Pendjab près de Rafiqui – correspondent à la mission évoquée. L’implication de cette escadrille dans la frappe contre le système S-400 en fait un candidat probable aux pertes alléguées, alimentant les spéculations selon lesquelles la mission « sans retour » aurait coûté la vie à au moins deux appareils.

Une vérification indépendante fait défaut. Des images satellites de l’International Institute for Strategic Studies n’ont montré aucun dommage visible à Adampur ni de destruction claire du S-400, tandis que les déclarations pakistanaises sur des débris manquent de preuves photographiques. Le conflit, qui s’est conclu par un cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 12 mai, a vu les deux camps gonfler leurs bilans : le Pakistan revendiquait cinq avions indiens abattus, l’Inde six pertes pakistanaises.