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Un F-35A de la Royal Netherlands Air Force (RNLAF) a reçu une marque de destruction après avoir abattu un drone russe lors de l’incursion dans l’espace aérien polonais les 9 et 10 septembre derniers.

Lors de cet incident, une vingtaine de drones ont traversé la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, déclenchant une alerte de réaction rapide à l’échelle de l’OTAN. Les autorités polonaises ont qualifié cet événement d’« attaque sans précédent » sur le territoire de l’Alliance.

L’engagement a été réalisé par un F-35A du 313e escadron, déployé en Pologne dans le cadre de la mission renforcée de police du ciel de l’OTAN. Le ministère néerlandais de la Défense a publié une photo montrant une silhouette blanche de drone peinte sous le rail de la verrière de l’appareil, signant ainsi le premier tir confirmé réussi au combat pour un Lightning II néerlandais.

Selon les autorités polonaises, les drones sont entrés en Pologne vers 23h30, le 9 septembre, entraînant la fermeture des aéroports de Varsovie International, Varsovie Modlin, Rzeszów–Jasionka et Lublin. Au moins quatre drones ont été abattus, la plupart par des chasseurs néerlandais. Les analystes ont identifié plusieurs de ces drones comme étant des leurres de type Gerbera, manifestement conçus pour tester les défenses alliées et perturber la circulation aérienne civile.

Le ministre de la Défense, Ruben Brekelmans, qui a visité le détachement des F-35 néerlandais en Pologne quelques jours après l’incident, a salué le professionnalisme et la coopération dont ont fait preuve les équipages. « L’agression imprudente de la Russie se poursuit. En déployant des F-35 en Pologne, les Pays-Bas montrent leur engagement aux côtés des alliés, car la frontière orientale de l’OTAN est aussi notre frontière de sécurité », a-t-il déclaré. Il a également souligné l’importance du travail des pilotes, des mécaniciens et des équipes au sol, qui ont garanti la disponibilité opérationnelle des appareils.

Le déploiement des F-35 néerlandais en Pologne a débuté le 1er septembre et doit se poursuivre jusqu’en décembre, avec pour mission la protection de l’espace aérien de l’OTAN et la dissuasion de nouvelles incursions russes. À partir de décembre, les Pays-Bas renforceront cette mission en envoyant des missiles sol-air Patriot, des systèmes NASAMS et des dispositifs anti-drones, augmentant ainsi le rôle de la Pologne comme plateforme logistique de soutien à l’Ukraine.

Cette incursion de drones en septembre représente l’une des violations les plus importantes de l’espace aérien par la Russie depuis le début de son invasion de l’Ukraine. En réaction, la Pologne a invoqué l’article 4 du traité de l’OTAN, alertant les alliés sur la menace croissante posée par les activités militaires russes et biélorusses. Dans les jours qui ont suivi, la Russie et la Biélorussie ont mené des exercices conjoints de grande ampleur, tandis que l’OTAN lançait l’opération Eastern Sentry pour renforcer ses défenses aériennes sur le flanc oriental.

Pour la Royal Netherlands Air Force, cette marque de destruction souligne à la fois la crédibilité opérationnelle du F-35 et la volonté des Pays-Bas de jouer un rôle actif dans la défense collective européenne. Le F-35A, grâce à sa fusion avancée de capteurs et à ses capacités furtives, est particulièrement adapté à la détection et à l’engagement de drones qui peuvent échapper aux radars plus anciens. Les représentants néerlandais insistent sur le fait que sa présence a déjà été déterminante pour sécuriser les cieux de l’OTAN face aux provocations russes.