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La Chine accélère la production de ses avions de combat de 5e génération, mettant en péril la supériorité numérique des États-Unis dans cette catégorie clé de l’aviation militaire. Avec un rythme de fabrication impressionnant, Pékin pourrait surpasser Washington en nombre d’appareils, un enjeu majeur dans le cadre des tensions croissantes en Indo-Pacifique.

Il est estimé que la Chine dispose déjà de plus de 200 avions de chasse Chengdu J-20 « Mighty Dragon », produits à partir de cinq lignes de fabrication, avec un nouvel appareil sorti toutes les huit jours. À l’inverse, les États-Unis ne fabriquent plus de F-22 Raptor. Leur flotte se limite à environ 185 exemplaires, dont certains sont en cours de retrait. Bien que l’US Air Force, la Navy et le Corps des Marines opèrent environ 400 F-35 Lightning II, ces appareils affichent un taux de disponibilité moyen d’environ 60 %, ce qui pose des questions sur leur fiabilité opérationnelle. Ces disparités de production et de disponibilité constituent un signal d’alarme pour les stratèges américains.

Un aperçu des avions de chasse de 5e génération chinois

À l’instar des États-Unis, la Chine dispose de deux modèles d’avions de 5e génération. Le Chengdu J-20 est un chasseur de supériorité aérienne, conçu pour rivaliser avec le F-22 américain. Par ailleurs, la Chine développe un chasseur multirôle, le Shenyang J-35, qui répond au F-35 de Lockheed Martin. Chaque modèle existe en versions terrestre et embarquée.

À ce jour, la production du J-35 est encore limitée, mais plusieurs sources ouvertes indiquent que la Chine met en place une chaîne de fabrication capable de livrer environ 50 appareils par an, soit près d’un exemplaire chaque semaine. L’intérêt exprimé par le Pakistan, allié proche, pour une version export du J-35 promet également d’accélérer la cadence de production.

En termes de quantité, les États-Unis disposent désormais d’une supériorité numérique en F-35, mais ce facteur n’est plus suffisant. La Chine développe par ailleurs un chasseur de 6e génération supposé et combine l’utilisation de drones avancés avec ses avions de 5e génération, renforçant ainsi sa puissance aérienne.

Le rythme effréné de production de J-20 laisse présager qu’en seulement deux ou trois ans, la flotte chinoise pourrait dépasser en nombre celle de F-35 américaine, qui produit actuellement environ 140 exemplaires par an, malgré une avance technologique de plus de deux décennies.

Ce renouvellement accéléré s’ajoute aux capacités chinoises dans le domaine de la déni d’accès et de la zone d’interdiction (A2/AD), rendant la projection de puissance américaine dans la région indo-pacifique, notamment près des côtes chinoises, nettement plus complexe.

Certes, les avions américains conservent une supériorité technologique et une expérience opérationnelle robuste. Mais ces avantages ne suffisent plus face à la croissance quantitative et qualitative de la flotte chinoise.

Tout conflit potentiel entre les deux puissances se concentrerait sur des zones proches des rivages chinois, comme Taïwan ou la mer de Chine méridionale, où entrent en jeu les bulles A2/AD chinoises et la supériorité numérique de ses avions de combat.

Un avantage numérique décisif pour la Chine

La Chine dispose donc d’un net avantage en nombre. Tandis que les États-Unis maintiennent des engagements mondiaux en Asie, en Europe et au Moyen-Orient, la Chine concentre ses forces sur la première chaîne d’îles de l’Indo-Pacifique. Cette concentration permet à Pékin de masser ses avions de 5e génération dans cette zone, alors que les appareils américains sont dispersés à travers le globe et ne seraient pas immédiatement disponibles en cas de confrontation directe.

Autrement dit, sauf si les États-Unis envisagent une réduction drastique de leurs engagements internationaux pour renforcer leur présence uniquement en Indo-Pacifique, la Chine finira par dominer les Américains en termes de nombre d’avions de combat. Indépendamment des qualités supérieures des avions américains, la force de frappe chinoise repose sur une production industrielle colossalement supérieure.

Face à cette réalité, la seule réponse envisageable, au-delà de la complexe réforme industrielle de la base de production américaine, est que le Pentagone focalise ses efforts sur le développement massif d’essaims de drones et d’armes hypersoniques, afin de pallier ce déséquilibre numérique croissant entre les forces aériennes des deux grandes puissances.

Brandon J. Weichert