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Le Dr Jitendra Jadhav, directeur général de l’Aeronautical Development Agency (ADA), vient de révéler un calendrier ambitieux mais réalisable pour le programme du chasseur furtif indigène Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA) Mk1. Lors d’un entretien exclusif avec le podcast Ctrl Alt Defence, il a confirmé la présentation officielle du prototype en 2028, le premier vol prévu entre 2028 et 2029, puis l’initiation à l’Indian Air Force (IAF) en 2033-2034. Cette échéance fait suite à la validation complète du programme en avril 2024 et témoigne de l’accélération des travaux vers une autonomie technologique de cinquième génération.

« Nous avons développé presque toutes les technologies nécessaires pour l’AMCA Mk1, avec pour objectif la sortie du prototype entre 2027 et 2028 », a déclaré Jadhav, soulignant la volonté de combler au plus vite les lacunes des escadrons actuels. L’entretien animé par Vishnu Som et Pallava Bagla (éditeurs chez NDTV) a également abordé les défis techniques, notamment le changement de moteur et l’intégration de l’intelligence artificielle, tout en rappelant le besoin pressant de 114 appareils pour répondre aux menaces furtives régionales.

Le projet bénéficie d’une dynamique renforcée grâce au recours à l’ingénierie numérique, qui mobilise plus de 100 centres de conception et 350 entreprises industrielles. Cette approche de modélisation avancée a permis de réduire significativement les délais de développement.

Le calendrier élaboré par Jadhav reflète une évolution pragmatique par rapport aux prévisions antérieures, intégrant les investissements du secteur privé et la maturation des technologies nationales. Le prototype, qui sera dévoilé en 2028 dans l’usine de HAL à Bengaluru, sera suivi par des essais au sol. Le premier vol, envisagé huit à neuf mois après, devra valider la manœuvrabilité exceptionnelle de la cellule instable grâce au système de commandes de vol électriques quadruplex.

Étape clé Échéance Domaines prioritaires
Sortie du prototype 2028 Assemblage complet, revêtements furtifs
Premier vol 2028-29 Aérodynamique, validation du fly-by-wire
Intégration des systèmes 2029-32 Avionique, essais armements
Induction dans l’IAF 2033-34 Capacité opérationnelle initiale (COI) pour 1 à 2 escadrons

Le développement complet, financé à hauteur de 15 000 crores de roupies, cible une validation des systèmes d’ici 2032 et une mise en service anticipée par rapport aux prévisions initiales, souvent situées au milieu des années 2030. La production visera une montée en cadence progressive, atteignant 16 exemplaires par an à partir de 2035.

Concernant la motorisation, Jadhav a confirmé l’utilisation initiale du moteur américain GE F414 pour les prototypes, avec une évolution envisagée vers une motorisation française Safran pour les blocs ultérieurs. Ce changement, rendu possible grâce à une conception modulaire, ne devrait pas poser de difficulté majeure.

L’interview a également mis en lumière les atouts technologiques de l’AMCA, dont les caractéristiques « cinquième génération plus » intègrent la fusion des capteurs pilotée par intelligence artificielle, l’apprentissage automatique pour la maintenance prédictive, ainsi que l’armement à énergie dirigée. « L’AMCA évoluera avec des capacités d’emport sans pilote et des moteurs adaptatifs », précise Jadhav, le positionnant déjà comme un vecteur de transition vers la génération six de chasseurs.

Parallèlement, l’ADA accélère la sélection des fournisseurs privés, avec une clôture des appels d’offres prévue pour le 30 septembre sur les composites et l’avionique, afin d’assurer un contenu local de 70 %. Des défis subsistent, notamment la motorisation indigène via la relance du projet Kaveri, mais la direction gagne en confiance grâce aux synergies avec le Tejas MkII, dont le premier vol est attendu en 2026 et qui contribuera à valider les systèmes radar et de guerre électronique de l’AMCA.