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Le programme du chasseur léger Tejas connaît un nouvel élan avec une confiance renouvelée de la part de son concepteur emblématique, le Dr Kota Harinarayana, qui anticipe plus de 220 commandes grâce au soutien continu de l’Indian Air Force (IAF). Ce jalon souligne la transformation du Tejas, conçu par Hindustan Aeronautics Limited (HAL), en un élément central de la défense aérienne indienne.

Alors que HAL se prépare à accélérer la production, cette évolution marque un tournant majeur dans la composition de la flotte de l’IAF, représentant un investissement de plus de 1,5 lakh crore de roupies dans la fabrication locale.

Le Dr Harinarayana, figure clé du développement du Tejas depuis les années 1980 et aujourd’hui âgé de 80 ans, rappelle que le programme a franchi de nombreuses étapes pour devenir un chasseur multirôle de 4,5e génération certifié. « Le Tejas Mk1A n’est pas seulement un appareil, il constitue le socle de notre écosystème aéronautique », affirme-t-il, évoquant des projections de production datant de mai 2025. Les commandes actuelles – comprenant les 83 avions Mk1A initiaux commandés en 2021, les 97 supplémentaires récemment approuvés ainsi que les avions d’entraînement – totalisent désormais près de 220 unités. Cette base devrait encore s’élargir, permettant à l’IAF d’atteindre une force opérationnelle de 18 escadrons dédiés au Tejas, conformément à l’objectif d’atteindre l’autonomie complète sur la chaîne d’approvisionnement et, à terme, d’exporter ces appareils.

Cette confiance repose notamment sur l’approbation en septembre 2025 du Comité de Sécurité du Cabinet (CCS) pour l’achat de 97 appareils supplémentaires, évalués à 62 370 crores de roupies (hors taxe). Il s’agit de la plus grande commande indigène jamais obtenue par l’Inde, comprenant 68 monoplaces et 29 biplaces. Avec un carnet de commandes qui atteint désormais environ 2,7 lakh crores, HAL prévoit de remplir cette commande d’ici l’exercice 2027. Le Dr Harinarayana souligne que cette dynamique s’inscrit dans la feuille de route pluriannuelle de l’IAF, qui envisage au total au moins 324 unités Tejas (Mk1A et Mk2), en remplacement progressif des flottes plus anciennes telles que les MiG-21.

Récompensé par le titre de Padma Bhushan, le Dr Harinarayana attribue cette progression à un dialogue étroit avec les utilisateurs et à l’intégration de technologies modernes, comme le moteur GE F414. « Les retards ont été corrigés, il s’agit maintenant de passer à la production de masse », indique-t-il, faisant référence à ses propos de juillet 2025 sur les synergies entre le Tejas et les technologies de sixième génération. Le chef de l’IAF, le Maréchal de l’Air V.R. Chaudhari, a confirmé en septembre l’acquisition des 97 jets supplémentaires, incluant 29 avions d’entraînement, afin de faciliter les opérations dites Multi-Role Multi-Training (MRMT). Chaque escadron comptera ainsi quatre biplaces pour assurer une transition fluide des pilotes.

Au-delà du marché national, cette réussite positionne le Tejas comme un acteur majeur à l’export, rivalisant avec des plateformes comme le JF-17 chinois. Avec une part de contenu indigène de 65 % dans le Mk1A, qui devrait atteindre 80 % pour le Mk2, le programme favorise également le secteur privé, impliquant des entreprises comme TATA dans la fabrication des aéostructures et le DRDO pour les systèmes d’armes. Sur le plan économique, cet investissement soutient plus de 500 petites et moyennes entreprises, tandis que le recours renforcé aux avions d’entraînement réduit les coûts de formation à l’étranger de 30 %.