Un général pakistanais à la retraite a récemment exprimé des doutes concernant la capacité de l’aviation pakistanaise à respecter ses engagements dans le cadre d’un accord de sécurité avec l’Arabie Saoudite. Selon lui, la Force aérienne pakistanaise (PAF) ne disposerait pas de suffisamment d’escadrons de chasseurs pour être déployée en Arabie Saoudite en cas de conflit, ce qui soulève des interrogations sur la portée réelle du soutien que le Pakistan peut apporter à son allié du Golfe.
Le Pakistan et l’Arabie Saoudite entretiennent une relation stratégique de longue date, renforcée par des accords de défense et des intérêts communs. Le pacte de sécurité en question engage le Pakistan à fournir un soutien militaire, incluant forces aériennes et terrestres, à l’Arabie Saoudite en temps de guerre. Ce dispositif revêt une importance particulière dans le contexte des défis sécuritaires régionaux auxquels Riyad est confronté, notamment les tensions avec l’Iran et le conflit en cours au Yémen.
Le général à la retraite Tariq Khan, connu pour ses analyses franches sur les capacités militaires pakistanaises, a souligné que la PAF ne dispose pas d’une force suffisante pour honorer cet engagement. « La Force aérienne pakistanaise ne possède pas assez d’escadrons de chasseurs à déployer en Arabie Saoudite en cas de guerre », a-t-il déclaré, mettant en avant les ressources limitées et les priorités opérationnelles concurrentes auxquelles fait face l’institution.
La PAF exploite actuellement une flotte hétéroclite composée notamment d’avions de combat JF-17 Thunder, F-16 Fighting Falcon, ainsi que des plateformes plus anciennes comme les Mirage III et V. Si la modernisation de la flotte, notamment via le programme indigène JF-17, progresse, le général Khan suggère que le nombre d’escadrons opérationnels reste insuffisant pour concilier la sécurité nationale et les obligations internationales.
La Force aérienne pakistanaise maintient environ 20 à 22 escadrons de combat, chacun comptant généralement entre 16 et 20 appareils. Ces unités sont principalement mobilisées pour la défense de l’espace aérien pakistanais face à la menace indienne, ainsi que pour le soutien des opérations terrestres liées à la lutte contre le terrorisme à la frontière afghane. Un déploiement important de ces forces hors du territoire national risquerait de fragiliser la posture défensive du Pakistan.
Les observations de Tariq Khan mettent également en lumière les contraintes budgétaires pesant sur les forces armées pakistanaises. Le pays fait face à des défis économiques qui limitent les dépenses militaires, ainsi que la capacité d’acquérir ou de moderniser rapidement sa flotte aérienne. Le coût élevé de l’entretien des appareils et les priorités telles que la sécurité des frontières et la stabilité intérieure réduisent encore la marge de manœuvre opérationnelle de la PAF.
Sur le plan diplomatique, l’Arabie Saoudite reste un allié clé pour le Pakistan, assurant un soutien financier, des approvisionnements en pétrole et un appui politique. En échange, le Pakistan a fréquemment offert une coopération militaire, notamment par la formation des forces saoudiennes et des déploiements de troupes à vocation consultative sur le sol saoudien. Toutefois, les critiques du général Khan mettent en évidence un décalage croissant entre les engagements formels de Islamabad et ses capacités réelles, ce qui pourrait compliquer la dynamique bilatérale.
En cas de conflit majeur impliquant Riyad, l’incapacité du Pakistan à fournir un appui aérien conséquent pourrait fragiliser ce partenariat stratégique. Cette situation pourrait contraindre Islamabad à repenser ses engagements en matière de défense ou à privilégier d’autres formes de soutien, comme le déploiement de forces terrestres ou une assistance logistique.