L’Indian Air Force (IAF) franchit une étape audacieuse pour contrer la menace croissante des véhicules aériens sans pilote (UAV) en explorant un concept innovant : la transformation de ses avions de chasse en intercepteurs anti-drones équipés de drones montés sous les ailes. Selon des informations exclusives, l’IAF a lancé des études pour développer un système dans lequel des drones lancés depuis les avions de chasse serviraient d’intercepteurs anti-drones à faible coût. Cette approche vise à offrir une alternative économique aux missiles air-air traditionnels, dont le prix dépasse souvent le million de dollars l’unité, tout en préservant les stocks de missiles et en renforçant la capacité de l’IAF à neutraliser les menaces de drones dans les conflits modernes.
La prolifération de drones commerciaux bon marché a révolutionné les champs de bataille contemporains, permettant aux acteurs étatiques et non étatiques d’utiliser ces UAV pour la reconnaissance, la surveillance, voire des attaques armées. Des attaques telles que celle menée en 2021 contre la base aérienne de Jammu ont révélé la vulnérabilité des infrastructures militaires critiques face à des UAV petits et agiles, capables d’échapper aux systèmes de défense aérienne classiques. Si les missiles air-air actuels de l’IAF, comme le MBDA MICA et le R-77, sont très efficaces, leur coût élevé les rend peu adaptés à l’engagement de drones à bas prix, les unités dépassant régulièrement le million de dollars.
Pour pallier cette asymétrie, l’IAF étudie une solution novatrice inspirée des tendances mondiales en matière de lutte contre les UAV (C-UAS). En équipant ses avions de chasse de drones intercepteurs fixés sous les ailes, l’IAF cherche à créer une plateforme modulable et économique capable de neutraliser des essaims de drones et des munitions à effet de survol, sans épuiser ses précieux missiles.
Le concept : des intercepteurs anti-drones montés sous les ailes
Le système proposé consiste à installer des drones spécialisés sur les ailes d’avions de chasse tels que le Su-30MKI, le Mirage 2000 ou le Tejas Mk-1A. Ces drones, conçus comme des intercepteurs anti-UAV à faible coût, seraient lancés en vol pour poursuivre et neutraliser les drones hostiles. Contrairement aux missiles classiques, ces intercepteurs exploiteraient une autonomie avancée, un ciblage assisté par intelligence artificielle et une charge utile légère, pour offrir des engagements de précision à une fraction du coût.
Caractéristiques clés du système proposé :
- Autonomie opérationnelle : Les drones seraient équipés de systèmes de navigation et de ciblage basés sur l’IA, leur permettant d’opérer dans des environnements où le GPS est absent ou brouillé. Cette capacité s’inscrit dans les avancées mondiales semblables au système FALCO de l’US Air Force, intégré dans la munition à longue portée ERAM.
- Portée opérationnelle : Les intercepteurs devraient disposer d’une portée suffisante, potentiellement comprise entre 20 et 35 km, sur la base de systèmes analogues comme le Techno Taras ukrainien, afin d’engager les drones à une distance sécurisée du lanceur.
- Efficacité économique : Avec un coût unitaire estimé entre 1 600 et 300 000 dollars, en référence à des systèmes mondiaux tels que le Techno Taras ou l’ERAM américain, ces drones représenteraient une réduction drastique des coûts comparés aux missiles air-air millionnaires.
- Flexibilité de la charge utile : Les drones pourraient embarquer des dispositifs de capture par filets, de petites ogives à fragmentation ou des équipements de guerre électronique destinés au brouillage et à la tromperie électronique, offrant ainsi des options tant pour une destruction physique (hard-kill) que pour des neutralisations non létales (soft-kill).
- Coordination en essaim : Inspirés de systèmes comme le CATS Hunter ALCM, ces intercepteurs pourraient intégrer des capacités de travail en essaim, permettant à plusieurs drones de coordonner leurs attaques sur différents cibles ou de redéployer leurs efforts si un objectif est éliminé.