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Hindustan Aeronautics Limited (HAL) accélère la sélection de partenaires privés pour le développement de l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), le cinquième chasseur furtif indien de cinquième génération. Ce projet ambitieux marque une étape majeure dans le renforcement des capacités de défense indigènes de l’Inde.

Au total, 28 entreprises privées ont manifesté un vif intérêt en réponse à l’appel d’offres lancé récemment par HAL, soumettant des propositions détaillées pour collaborer avec ce géant public de l’aéronautique. Le président de HAL, DK Sunil, a annoncé la mise en place d’un comité de haut niveau chargé d’examiner minutieusement ces candidatures afin de retenir au maximum deux partenaires stratégiques pour former un consortium.

Ce partenariat promet d’être l’un des projets militaires les plus transformatifs du pays, en alliant le savoir-faire industriel éprouvé de HAL à l’innovation du secteur privé, dans le but d’accélérer le programme AMCA.

Le processus de sélection est rigoureusement contrôlé, le comité évaluant chaque dossier selon des critères stricts, notamment l’intégration technologique, la capacité de production à grande échelle et la maîtrise des coûts. « Nous sommes déterminés à nouer des partenariats qui renforcent nos forces collectives », a déclaré DK Sunil, insistant sur la nécessité d’une collaboration industrielle fluide pour respecter les délais ambitieux du programme.

Le temps presse : HAL doit finaliser la composition de son consortium et répondre à l’Expression of Interest (EOI) lancée par l’Aeronautical Development Agency (ADA) d’ici le 30 septembre. Cette agence, branche essentielle de la Defence Research and Development Organisation (DRDO), pilote le projet AMCA en favorisant les partenariats public-privé, illustrant ainsi une ouverture accrue du secteur privé dans la recherche et développement de défense.

L’AMCA est une avancée technologique majeure pour l’arsenal aérien indien. Ce chasseur bimoteur de 25 à 30 tonnes intégrera des technologies furtives avancées, une capacité de supercroisière, des baies internes pour armements et une avionique pilotée par intelligence artificielle pour une conscience situationnelle optimale. Il est conçu pour remplacer progressivement des aéronefs vieillissants comme le Su-30MKI et compléter les avions Tejas dans l’inventaire de l’Indian Air Force.

Le coût de développement est considérable, avec plus de 15 000 crores de roupies (environ 1,8 milliard d’euros) investis uniquement dans la phase des prototypes, soulignant l’importance stratégique du programme pour l’autonomie technologique aéronautique dans le cadre de l’initiative Atmanirbhar Bharat.

L’engouement du secteur privé témoigne de la maturation de l’écosystème industriel de défense en Inde. Parmi les candidats figurent des entreprises renommées telles que Tata Advanced Systems, Mahindra Aerospace et Adani Defence, accompagnées de spécialistes émergents en avionique et matériaux composites. Cette dynamique traduit une confiance grandissante dans la capacité du pays à développer localement des technologies de pointe, réduisant ainsi la dépendance aux importations qui a longtemps freiné le secteur.

Les analystes de défense saluent cette initiative comme un test crucial de l’adaptabilité de HAL. « En ouvrant ses portes au secteur privé, HAL ne se contente pas de partager la charge, mais injecte aussi de nouvelles idées dans un programme complexe », souligne un expert senior du secteur. Néanmoins, des défis importants subsistent : l’intégration de technologies variées, la protection de la propriété intellectuelle et le respect des critères stricts de l’EOI, notamment en matière de rapports chiffre d’affaires/portefeuille de commandes, pourraient mettre à l’épreuve la cohésion du consortium.