K. Rajalakshmi Menon, directrice générale des systèmes aéronautiques au sein de l’Organisation de recherche et de développement pour la défense (DRDO), a confirmé une avancée majeure pour l’aéronautique indienne : le moteur indigène Kaveri sera prochainement testé sur une plateforme habitée, à savoir l’avion de combat léger (LCA) Tejas. Cette étape cruciale vise à finaliser le développement complet, valider les performances du moteur et renforcer la confiance de l’équipe en démontrant la capacité de l’Inde à concevoir, intégrer et tester un turboréacteur domestique sur un avion de chasse piloté. Les discussions avec l’ensemble des parties prenantes se sont achevées avec succès, assurant leur engagement total dans ce programme.
Lors d’un récent forum organisé par la DRDO, K. Rajalakshmi Menon a souligné l’importance de cette phase : « Tester le moteur Kaveri sur une plateforme habitée comme le LCA Tejas clôturera la boucle de développement complète. Cela donnera la confiance ultime à notre équipe et démontrera au monde qu’un moteur conçu en Inde a été intégré et testé avec succès sur un avion piloté. C’est un moment de fierté pour nous tous. »
Elle a confirmé que des discussions approfondies avec les principaux acteurs, notamment Hindustan Aeronautics Limited (HAL), l’Indian Air Force (IAF) ainsi que des partenaires industriels privés, ont abouti à un consensus. « Tous les acteurs sont désormais alignés, et nous attendons leur participation active au programme très prochainement », a-t-elle précisé, mettant en avant une approche unifiée pour accélérer l’intégration et les essais du Kaveri. HAL supervisera l’intégration du moteur dans la cellule du Tejas, tandis que l’IAF apportera son expertise opérationnelle pour s’assurer que le moteur respecte les exigences du combat aérien.
Cette décision d’essayer le Kaveri sur le LCA Tejas intervient à un moment où l’Inde cherche à réduire sa dépendance aux moteurs étrangers, tels que les General Electric F404 et F414 qui équipent actuellement la flotte Tejas. La réussite de cette intégration constituerait un jalon important vers l’autonomie stratégique dans la production de défense, en cohérence avec les initiatives Make in India et Atmanirbhar Bharat.
Tester le moteur Kaveri sur un appareil habité représente un défi majeur, car cela permettra de valider ses performances en conditions réelles. Les essais précédents, incluant des tests au sol et des simulations en haute altitude, ont démontré son potentiel, mais son intégration à un avion de chasse pose de nouveaux enjeux techniques, notamment en termes de compatibilité avec l’avionique, les systèmes de carburant et la dynamique de vol. Le Tejas, avion de chasse de quatrième génération éprouvé, constitue une plateforme idéale en raison de sa conception éprouvée et de son expérience opérationnelle.
Pour K. Rajalakshmi Menon, cette phase est aussi symbolique que technique : « Il ne s’agit pas seulement de prouver la performance du moteur, mais de montrer la capacité de l’Inde à maîtriser des technologies aérospatiales complexes. Le Kaveri sur le Tejas sera un témoignage du travail acharné de nos scientifiques, ingénieurs et partenaires industriels qui ont rendu ce rêve possible. »
La phase d’essais en vol habitée devrait comporter une série d’épreuves progressives, débutant par des profils à faible risque destinés à évaluer la stabilité du moteur, sa réponse en poussée et son intégration avec les systèmes du Tejas. En cas de succès, cette étape ouvrirait la voie à la certification opérationnelle du Kaveri, envisagée dans les deux à trois prochaines années.
L’intégration réussie du moteur Kaveri dans le LCA Tejas aurait des répercussions majeures pour les secteurs de la défense et de l’aéronautique indiens. Elle permettrait de diminuer la dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers, de réduire les coûts de cycle de vie des appareils indigènes, et positionnerait l’Inde comme un exportateur potentiel de technologies aérospatiales de pointe. Le moteur, dont la conception inclut des matériaux avancés et des systèmes de commande numérique, pourrait également servir de base pour les futurs systèmes de propulsion destinés aux drones, hélicoptères et chasseurs de nouvelle génération.