Article de 554 mots ⏱️ 3 min de lecture

L’Inde prépare la construction d’un troisième porte-avions, qui devrait être à propulsion nucléaire, dans le cadre d’un plan de modernisation de ses capacités de défense sur 15 ans. Cette stratégie prévoit également, pour la première fois, l’intégration d’avions de chasse navals produits localement.

Face à ses voisins stratégiques, la Chine et le Pakistan, avec lesquels le pays a récemment connu plusieurs affrontements meurtriers, New Delhi mise de plus en plus sur ses industries de défense nationales pour renforcer ses capacités, tout en réduisant sa dépendance à des fournisseurs étrangers tels que la Russie, la France et les États-Unis.

« Alors que la nation se trouve à l’aube de relever de plus grands défis et responsabilités dans les prochaines décennies, il est impératif que les forces armées soient équipées en conséquence », affirme la feuille de route du ministère de la Défense à l’horizon 2025. « Un partenariat accru entre les secteurs public et privé est donc essentiel pour l’avenir ».

Actuellement, l’Inde exploite deux porte-avions : l’un de conception russe, l’autre construit localement. Le nouveau porte-avions envisagé devrait être le premier à propulsion nucléaire, ce qui offrirait une portée opérationnelle étendue ainsi qu’une discrétion accrue.

Le document officiel souligne la nécessité d’au moins 10 systèmes de propulsion nucléaire capables d’équiper ce porte-avions et d’autres futurs navires de guerre, témoignant ainsi de l’ambition indienne d’étendre son influence stratégique dans l’océan Indien.

Par ailleurs, l’Inde projette d’introduire un nombre non spécifié d’appareils de chasse bimoteurs de nouvelle génération, adaptés aux opérations embarquées, ainsi que des avions de combat légers développés par la société publique Hindustan Aeronautics Ltd (HAL), destinés à la marine.

En avril dernier, New Delhi a signé un contrat d’environ 630 milliards de roupies (soit 8 milliards de dollars) avec la France pour l’achat de 26 avions Rafale Marine, monoplaces et biplaces, fabriqués par Dassault Aviation. Ces appareils seront déployés sur ses deux porte-avions actuels : l’INS Vikrant et l’INS Vikramaditya.

L’Inde prévoit d’avoir en service 62 avions Rafale d’ici 2030, dont 36 pour l’armée de l’air, qui a commencé à recevoir ses premiers exemplaires en 2020. Pour l’instant, la flotte embarquée utilise principalement des MiG-29K d’origine soviétique.

Le plan stratégique prévoit également l’acquisition de deux systèmes de lancement électromagnétiques d’avions, technologie développée pour la marine américaine qui utilise des forces électromagnétiques au lieu des catapultes à vapeur traditionnelles pour projeter les avions depuis les porte-avions.

Le texte met aussi l’accent sur le développement des drones, qui ont joué un rôle central lors du conflit militaire de mai face au Pakistan, principal adversaire régional.

Pour l’année budgétaire en cours, l’Inde a prévu une enveloppe de 6,81 trillion de roupies, soit environ 77 milliards de dollars, consacrée à la défense. Selon la Banque mondiale, le pays est le quatrième plus gros dépensier militaire au monde, derrière les États-Unis, la Chine et la Russie.