De nouvelles données publiées par le ministère de la Défense révèlent la répartition des contrats de défense attribués au cours de l’année écoulée, tout en mettant en lumière plusieurs milliards de livres dépensés dont la traçabilité ne permet pas encore de distinguer clairement les fournisseurs britanniques des étrangers.
Ces informations ont été communiquées en réponse à une question écrite posée le 1er septembre par le député conservateur Paul Holmes, qui souhaitait connaître le nombre et la proportion des contrats attribués aux entreprises nationales et internationales durant les 12 derniers mois.
La ministre de la Défense, Maria Eagle, a indiqué que, du 1er juillet 2024 au 30 juin 2025, le ministère a attribué 2 674 contrats d’une valeur totale de 23 milliards de livres. Parmi ceux-ci, 1 244 contrats, représentant 17 milliards de livres, ont été accordés à des fournisseurs basés au Royaume-Uni. De plus, 174 contrats pour un montant de 3 milliards de livres ont bénéficié à des fournisseurs étrangers.
Les 1 256 contrats restants, d’une valeur cumulée de 3 milliards de livres, sont encore en cours de réconciliation. La ministre a précisé que le ministère enregistre l’attribution des contrats « sur la base de l’adresse administrative fournie dans l’offre retenue par le fournisseur », ce qui ne reflète pas toujours le lieu réel de prestation des services.
Cette méthode comptable entraîne une incertitude quant à l’impact économique des achats publics. En effet, une entreprise enregistrée au Royaume-Uni peut largement dépendre de chaînes d’approvisionnement étrangères, tandis qu’un groupe international peut réaliser une partie importante de son activité au sein d’installations britanniques. Maria Eagle a ajouté que le ministère compile également des statistiques « basées sur le lieu où les services sont effectivement fournis » afin de mieux refléter la valeur économique réelle.
Les chiffres montrent que la majeure partie des dépenses enregistrées bénéficie aux entreprises britanniques, mais les 3 milliards de livres non encore réconciliés représentent plus d’un dixième du total des contrats. Tant que ce processus n’est pas finalisé, il est difficile d’évaluer précisément quelle part de ces dépenses soutient les emplois, les compétences et les chaînes d’approvisionnement au Royaume-Uni, et quel volume s’écoule à l’étranger.
Cette question intervient alors que le gouvernement insiste fortement sur la politique industrielle dans le secteur de la défense. Les ministres présentent les achats publics comme un enjeu de sécurité nationale mais aussi comme un levier stratégique pour l’industrie. Or, le système de reporting actuel complique le suivi de l’impact de ces dépenses sur la base industrielle nationale.
Le ministère de la Défense n’a pas indiqué de calendrier pour la finalisation de cette réconciliation, laissant ainsi un manque important de visibilité.