Article de 598 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le projet européen de drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance), lancé en 2013 par Airbus Defence & Space, Dassault Aviation et Leonardo, franchit désormais sa phase finale de conception. Ce programme, aussi appelé EuroDrone ou MALE RPAS, a connu plusieurs difficultés avant de parvenir à un accord entre les fabricants et les quatre pays utilisateurs : la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne.

Ce n’est qu’en 2022 que l’Organisation Conjointe de Coopération en matière d’Armement (OCCAr) a attribué à Airbus Defence & Space, en tant qu’entrepreneur principal, le contrat de développement et de production.

Le drone, d’environ 10 tonnes, doit présenter une envergure comprise entre 26 et 30 mètres, une longueur de 17 mètres et une hauteur de 5 mètres. Il sera propulsé par deux moteurs turbohélice « Catalyst » fournis par Avio Aero, filiale italienne de General Electric. Cette configuration permettra une autonomie de vol supérieure à 30 heures, une vitesse maximale de 500 km/h et une altitude opérationnelle de 45 000 pieds (13 716 mètres), avec une charge utile totale de 2,3 tonnes.

La Revue Préliminaire de Conception (PDR) de cet EuroDrone s’est achevée en mai 2024, avec plusieurs mois de retard. Airbus a indiqué que la PDR confirmait la maturité croissante du design du drone, notamment grâce à des évaluations techniques approfondies, comme des tests en soufflerie permettant de valider son architecture aérodynamique. Ces travaux ont aussi permis de valider un « jumeau numérique » du futur appareil.

Après cette étape, une « Revue Critique de la Conception Industrielle » (CDCI) était encore nécessaire. Celle-ci vient de se conclure, ouvrant la voie à une « Revue Critique de la Conception » (Critical Design Review – CDR).

Le 31 juillet, Airbus et ses principaux sous-traitants, Leonardo et Dassault Aviation, ont terminé avec succès la revue critique interne du design industriel, a annoncé l’OCCAr le 28 août via LinkedIn. La CDR avec l’OCCAr et les quatre pays partenaires vient officiellement de commencer. Son objectif est de vérifier la conformité du drone aux 2 000 exigences définies par les États clients avant le lancement de la production des trois prototypes.

La CDR devrait être finalisée d’ici la fin de l’année pour permettre les essais en vol des prototypes en France, en Espagne et en Italie.

La production des différents sous-systèmes de l’EuroDrone est répartie entre les quatre États participants, avant un assemblage final à Manching, en Allemagne, où seront fabriquées les soixante plateformes commandées. L’OCCAr souligne que ce drone se distinguera par ses capteurs de pointe, son architecture de communication ultra sophistiquée et ses performances sans égal.

Cependant, malgré les progrès importants affichés, le programme EuroDrone n’est probablement pas encore définitivement assuré. Début juillet, le journal La Tribune indiquait que la France envisageait de se retirer du programme et avait sollicité une étude conjointe avec les autres partenaires sur les conséquences industrielles et opérationnelles d’un tel retrait.

Un mois plus tôt, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, avait déjà laissé entendre cette possibilité. « Le programme EuroDrone/EuroMALE est aujourd’hui une coopération ancienne et riche d’enseignements, mais j’ai demandé à l’armée de l’Air et de l’Espace un retour opérationnel sur l’utilité de ce drone une fois livré. C’est naturellement un sujet qui fait débat avec nos partenaires, le principe du travail en commun étant de converger vers un diagnostic », avait-il déclaré lors d’une audition à l’Assemblée nationale.