Lors de la conférence RANSAMWAD 2025, le Cmdt de l’air Gyan Deep Singh a souligné l’importance des technologies aérospatiales à double usage pour répondre aux défis modernes de la défense, mettant en avant la fusion civil-militaire comme un pilier de l’autonomie stratégique indienne. Organisé par l’Armée de l’air indienne (IAF) et le Centre d’Études sur la Puissance Aérienne, cet événement a permis de mettre en lumière l’intégration des innovations civiles et militaires pour accélérer le développement de solutions indigènes, conformément à l’initiative gouvernementale « Aatmanirbhar Bharat » et à l’Année des Réformes de la Défense.
Le Cmdt Singh a souligné la portée stratégique des technologies à double usage — des systèmes et composants applicables dans les domaines civil et militaire — comme vecteur de solutions de défense plus rapides, économiques et durables. « La fusion civil-militaire en aérospatial garantit une agilité accrue dans les achats, réduit la dépendance aux importations et favorise l’innovation locale », a-t-il affirmé, soulignant le potentiel transformateur de la collaboration entre industrie, universités et institutions de défense.
La session a mis en avant la création de pôles dédiés aux technologies à double usage, considérés comme une stratégie clé pour rationaliser l’innovation dans la défense. Ces hubs, exploitant l’expertise du secteur privé et du monde académique, visent à raccourcir les cycles de développement et à renforcer les capacités opérationnelles de l’IAF. En favorisant les partenariats, ces centres permettent un prototypage rapide, ainsi que des phases de tests et de déploiement pour des technologies telles que les systèmes avioniques avancés, les communications satellitaires et les drones, utilisés tant à des fins civiles que militaires.
Le Cmdt Singh a également détaillé plusieurs initiatives inscrites dans l’Année des Réformes de la Défense, période marquée par des changements majeurs des politiques d’acquisition destinés à encourager l’autonomie stratégique. Il a notamment mentionné la procédure d’acquisition de défense (DAP) 2020, qui met l’accent sur l’indi-généisation par le biais des catégories « Make », incitant la participation du secteur privé. Des programmes comme iDEX (Innovations for Defence Excellence), le Fonds de Développement Technologique (TDF) et les Centres d’Excellence industrie-université du DRDO (DIA-CoEs) ont été cités comme des facilitateurs cruciaux, apportant financement et infrastructures aux startups, PME et chercheurs académiques travaillant sur des technologies à double usage.
Enfin, le Cmdt a souligné l’importance de mesures politiques proactives telles que l’assouplissement des règles d’approvisionnement, l’ouverture des installations d’essais du DRDO au secteur privé et la promotion des partenariats public-privé. Ces initiatives contribuent à réduire les délais administratifs et à accélérer l’intégration des technologies de pointe dans l’arsenal de l’IAF. « En tirant parti de l’expertise civile dans des domaines comme l’intelligence artificielle, la fabrication additive ou les matériaux composites, nous pouvons atteindre la préparation opérationnelle en moitié moins de temps qu’avec les méthodes traditionnelles », a-t-il conclu.