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Le constructeur russe du Sukhoi Superjet 100 met en avant la robustesse de son écosystème de maintenance, assurant que ses composants et systèmes de support fonctionnent de manière autonome à un niveau mondial élevé malgré les sanctions occidentales.

Un cadre supérieur de United Aircraft Corporation a indiqué que les composants de l’appareil sont exploités en Russie depuis plus de quatre ans sans le soutien des fabricants occidentaux d’équipements d’origine. « Cela prouve que les pièces produites en Russie sont de très haute qualité. Même sans l’appui des équipementiers originaux, nous maintenons les opérations et résolvons les problèmes techniques au niveau de la conception et de la production », a-t-il déclaré.

Interrogé sur les sanctions internationales et les risques de sanctions secondaires pouvant affecter les partenaires indiens, le responsable a affirmé que l’avion dispose désormais d’une configuration « totalement protégée contre les sanctions ». Il a précisé que non seulement les systèmes principaux, mais également les structures et systèmes secondaires ont été localisés, ce qui réduit la dépendance envers les fournisseurs occidentaux.

L’entreprise a souligné l’existence d’une structure dédiée aux matériaux et à la logistique. Une entité distincte gère la distribution mondiale des pièces détachées ainsi que les situations d’immobilisation au sol (AOG – Aircraft on Ground). En cas critique, le fabricant s’engage à fournir les composants nécessaires en moins de quatre heures. Un important entrepôt situé à proximité de l’aéroport Sheremetyevo de Moscou permet un envoi rapide aux clients internationaux. Le constructeur a également confirmé sa coopération à long terme avec un partenaire logistique et a assuré que ses stocks de pièces et ses systèmes de recherche technique sont bien établis.

L’infrastructure de formation constitue un autre pilier essentiel du dispositif de soutien. La société exploite au moins trois centres de formation équipés de simulateurs de vol complets pour former pilotes et équipes de maintenance. Les publications techniques, incluant manuels de vol et de maintenance, sont accessibles en ligne via un portail dédié et mises à jour quotidiennement afin d’assurer aux opérateurs des documents toujours actualisés.

Concernant sa stratégie en Inde, le cadre a décrit le pays comme un marché prioritaire à long terme. Le constructeur a sondé les opportunités en Inde il y a plus de dix ans et considère aujourd’hui la coopération avec des partenaires indiens comme le début d’une « longue route vers le succès ». Une feuille de route conjointe est en cours d’élaboration pour définir les étapes concrètes de cette collaboration.

Des inquiétudes ont été soulevées sur la maturité de l’écosystème, notamment en raison de la flotte globale relativement réduite de Superjet par rapport aux modèles d’Airbus et de Boeing. Des observateurs de l’industrie ont noté que les compagnies aériennes profitent de larges viviers de pilotes et techniciens certifiés pour des appareils très diffusés, tels que l’A320.

En réponse, le responsable a rappelé les 15 années d’opérations du Superjet, incluant des exportations vers le Mexique, plusieurs pays européens, le Laos, l’Indonésie et la Thaïlande. Environ 40 appareils ont été livrés à l’international, créant ainsi une base de pilotes et d’ingénieurs formés. Il a comparé cette situation aux premières campagnes commerciales de Boeing dans les années 1990, qui misaient sur la fidélité des pilotes, soulignant que les écosystèmes de flotte évoluent avec le temps. Il a ajouté que les capacités de formation peuvent croître parallèlement à l’essor de la flotte en Inde.

Sur le plan des certifications, le constructeur a indiqué que le Superjet détient des homologations multi-juridictionnelles et que son certificat de type a déjà été validé en Inde ainsi que dans d’autres pays. Bien que ces validations soient actuellement suspendues en raison des évolutions géopolitiques, le responsable a exprimé sa confiance quant à la conformité de l’appareil non seulement aux normes russes et indiennes, mais aussi aux exigences rigoureuses européennes. Des discussions avec la Direction Générale de l’Aviation Civile indienne (DGCA) sont attendues dans le cadre du processus de réactualisation des certifications.

Interrogé sur le transfert de technologie à l’industrie indienne, il a précisé qu’un accord antérieur annoncé avec un groupe aérospatial indien concerne une autre gamme de produits, distincte du programme Superjet. Toutefois, il a souligné que la coopération aéronautique et de défense entre la Russie et l’Inde s’inscrit dans une histoire de plus de 60 ans, comprenant des transferts technologiques dans le domaine militaire. Il a laissé entendre que l’expansion de la production et un approfondissement de la coopération industrielle restent envisageables à mesure que la production augmente pour répondre tant aux besoins domestiques qu’internationaux.