Plusieurs bombardiers B-1B Lancer de l’US Air Force sont arrivés à la base aérienne de Fairford, dans le Gloucestershire au Royaume-Uni, alors que les États-Unis intensifient leurs opérations contre l’Iran dans le cadre de l’Opération Epic Fury. Cette montée en puissance reflète une volonté manifeste de contenir et de neutraliser les menaces balistiques iraniennes dans la région.
Le ministère britannique de la Défense a confirmé samedi que les forces américaines avaient commencé à utiliser cette base pour des « opérations défensives spécifiques visant à empêcher l’Iran de lancer des missiles vers la région ». Initialement, le Premier ministre britannique avait refusé d’autoriser l’utilisation des bases britanniques par les États-Unis dans cette offensive conjointe avec Israël contre l’Iran, provoquant ainsi un différend avec le président américain Donald Trump.
Ce dernier avait déclaré début mars à la presse depuis le Bureau Ovale ne pas être « satisfait du Royaume-Uni » pour cette décision, ce qui avait obligé les bombardiers américains à réaliser de longues heures de vol supplémentaires lors des frappes du week-end précédent.
Selon la BBC, au moins trois B-1B Lancer étaient stationnés à Fairford, avec un premier appareil arrivé dans la nuit du 6 mars et deux autres le 7 mars. Le média spécialisé The Aviationist rapporte qu’au total, huit B-1B sont désormais déployés en Europe, quatre lors du premier déploiement, suivis de quatre supplémentaires. Trois d’entre eux ont été redirigés vers la base aérienne de Ramstein en Allemagne à cause d’une visibilité réduite empêchant l’atterrissage à Fairford après une mission en Iran ; cinq reste actuellement sur place.
Le B-1B Lancer, développé initialement par Rockwell et aujourd’hui soutenu par Boeing, est un bombardier supersonique conventionnel géré par le Commandement des frappes globales de l’US Air Force. Il peut emporter jusqu’à 24 missiles air-sol AGM-158 en soute interne. Pesant 86 tonnes, il est le bombardier le plus rapide de la force aérienne américaine, capable de dépasser les 900 mph (environ 1 450 km/h). Surnommé « le Hueso » (l’« Os »), cet appareil est équipé de systèmes radar et GPS avancés, des brouilleurs électroniques, des avertissements radar et un système de leurre pour se protéger contre les menaces ennemies.
Le B-1B a déjà joué un rôle majeur dans le conflit. Le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, a indiqué que les bombardiers B-1 et B-2 avaient mené des frappes précises sur des sites de missiles en Iran durant les premières 72 heures de l’opération. Cette information a été relayée par une publication du CENTCOM le 2 mars, précisant que ces attaques visaient à « diminuer les capacités balistiques iraniennes ». Lors d’une conférence de presse le 5 mars, l’amiral Cooper a annoncé que près de 200 objectifs avaient été frappés à l’intérieur du territoire iranien, notamment aux abords de Téhéran, en trois jours.
Ce déploiement anticipé survient alors que le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a averti que les frappes contre l’Iran allaient « s’intensifier considérablement ». Le 4 mars, il affirmait que les États-Unis contrôlaient désormais l’espace aérien iranien et avaient modifié leur emploi des armes, remplaçant les munitions à distance sécurisée par des bombes à gravité. Le stationnement des bombardiers à Fairford réduit de manière significative les délais d’intervention par rapport aux missions menées depuis le territoire continental américain.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a finalement autorisé l’utilisation des bases britanniques par les forces américaines dès le 1er mars, sous un « objectif défensif spécifique et limité », visant à détruire les missiles iraniens « à la source », après avoir d’abord résisté à la demande formulée par le président Trump. La base RAF Fairford constitue la seule installation avancée de l’US Air Force dédiée aux bombardiers lourds en Europe.
De plus, trois bombardiers B-52H Stratofortress issus de la base aérienne de Minot dans le Dakota du Nord sont arrivés à Fairford le 9 mars, rejoignant ainsi les B-1B déjà présents, selon la BBC. L’US Air Force en Europe n’a pas confirmé officiellement ces déploiements.
