L’Australie a annoncé la livraison de missiles air-air AIM-120 AMRAAM aux Émirats arabes unis en réponse à l’intensification des attaques par missiles et drones iraniens au Moyen-Orient. Par ailleurs, Canberra déploiera un avion de surveillance E-7A Wedgetail pour renforcer la surveillance du ciel du Golfe. Ces mesures sont présentées comme une aide défensive, sans engagement dans des opérations offensives.
Le 10 mars, le Premier ministre australien Anthony Albanese a annoncé la fourniture de missiles air-air à moyenne portée AIM-120 AMRAAM aux Émirats arabes unis dans le cadre d’une assistance militaire défensive, face à la montée des attaques iraniennes dans la région. Ces frappes de représailles se sont étendues à douze pays du Moyen-Orient, et les forces des Émirats ont intercepté plus de 1 500 roquettes et drones depuis le début du conflit. Le gouvernement a souligné que sa priorité reste la sécurité des Australiens présents dans la région, soit environ 115 000 résidents au Moyen-Orient, dont 24 000 aux Émirats arabes unis.
Canberra a précisé que cette aide avait un caractère strictement défensif, sans impliquant aucune opération offensive contre l’Iran ni déploiement de troupes australiennes sur le sol iranien. Cette livraison de missiles s’accompagne du déploiement d’un avion de veille aérienne E-7A Wedgetail et d’équipes de soutien de la Défense australienne pour une mission initiale de quatre semaines visant à surveiller l’espace aérien du Golfe et à soutenir la défense collective des pays de la région.
Le missile AIM-120 AMRAAM est un missile air-air à moyenne portée guidé par radar, développé par les États-Unis pour le combat aérien au-delà de la portée visuelle. Entré en service en septembre 1991, il a remplacé le AIM-7 Sparrow dans la plupart des armées occidentales. Conçu pour le combat de jour comme de nuit, toutes conditions météorologiques, son guidage combine navigation inertielle en phase initiale et acquisition terminale par radar actif, permettant un tir dit « tire et oublie ». Ainsi, l’avion lanceur peut engager d’autres cibles ou se désengager sans avoir à maintenir le suivi radar.
De plus, le missile AMRAAM peut recevoir des mises à jour en vol grâce à un lien de données lorsque le lanceur continue de suivre la cible, ce qui améliore sa précision. Plusieurs versions coexistent dans l’armée australienne, depuis l’AIM-120B (près du retrait) jusqu’au dernier AIM-120D-3, en passant par les AIM-120C-5, C-7 et C-8.
Les variantes AIM-120C, pesant environ 161,5 kg et mesurant 3,65 mètres, avec un diamètre de 178 mm et une envergure de 484 mm, embarquent une ogive à fragmentation d’environ 20 kg. Propulsé par un moteur-fusée à propergol solide, sa vitesse de pointe avoisine Mach 4 (environ 1 372 m/s). Les versions AIM-120A et B ont une portée opérationnelle d’environ 75 km, tandis que les versions AIM-120C étendent ce rayon à 90 km. Les modèles plus récents comme l’AIM-120D poussent cette portée entre 130 et 160 km selon les conditions de tir.
Lors de l’approche de la cible, le chercheur radar s’active pour détecter l’avion adverse dans son champ de vision et guider de manière autonome le missile jusqu’à l’impact ou la détonation par détonateur de proximité. L’AMRAAM intègre aussi des capacités contre la guerre électronique avancée : il peut localiser une source de brouillage émis par la cible et, en cas d’aveuglement de son radar, basculer en mode guidage passif en suivant la signature de l’interférence.
Depuis ses origines, la famille AMRAAM a connu plusieurs évolutions pour améliorer ses performances en portée, manœuvrabilité et électronique embarquée. Après les premiers AIM-120A et B, la série AIM-120C a notamment introduit des surfaces de contrôle réduites, rendant le missile compatible avec des chasseurs furtifs tels que le F-22.
Le missile est intégré sur de nombreux chasseurs occidentaux : F-16 Fighting Falcon, F-15 Eagle, F/A-18 Hornet, Eurofighter Typhoon ou encore F-35 Lightning II. Il équipe également des systèmes de défense sol-air comme le NASAMS.
Les forces aériennes des Émirats arabes unis disposent de plusieurs avions capables de tirer l’AMRAAM, notamment les F-16 Block 60 et Mirage 2000-9E. Leur flotte compte environ 560 appareils, soutenus par 4 000 personnels. Outre les chasseurs, la force aérienne EAU exploite des avions de surveillance, ravitailleurs en vol, transports et hélicoptères répartis sur plusieurs bases, dont celle d’Al Dhafra.
En fournissant ces missiles AMRAAM, l’Australie renforce la capacité d’interception air-air d’une force régionale déjà dotée de chasseurs compatibles, dans un contexte marqué par une menace persistante de frappes par missiles et drones dans le Golfe.
Jérôme Brahy