Des images satellites récentes indiquent qu’une installation liée au programme nucléaire iranien a été frappée par des bombardements. Trois impacts d’une taille notable suggèrent que ce site renforcé a été la cible de bombes énormes antibûtiers GBU-57/B Massive Ordnance Penetrator (MOP) de 13,6 tonnes. Ces armes, utilisées pour la première fois lors des frappes américaines contre des sites nucléaires iraniens l’an dernier dans le cadre de l’Opération Martillo de Medianoche, confirment ainsi une escalade dans l’emploi de munitions destructrices en profondeur.
L’installation visée, localisée à Taleghan 2, avait été récemment renforcée par une structure en béton puis recouverte de terre dans les mois précédant le conflit actuel. Ce blindage supplémentaire impliquait probablement la nécessité d’employer des armes à forte capacité de pénétration pour assurer la destruction complète du site.
Les images satellites prises hier par Vantor, présentées au début de cet article, montrent clairement trois impacts très précis et de grande taille sur le toit de l’installation. Des clichés antérieurs, pris le 6 mars 2026 et le 14 novembre 2025, révèlent que d’autres parties de la région de Parchin ont été touchées notablement le 6 mars, tandis que Taleghan 2 était alors intact.
Fin janvier 2026, Taleghan 2 avait déjà été recouvert d’une nouvelle couche de béton, complétée par un remblai de terre quelques semaines avant le lancement des opérations conjointes entre les États-Unis et Israël, débutées fin février. Cette mesure s’inscrit dans une série d’efforts iraniens visant à renforcer ou sceller d’autres sites sensibles à travers le pays, mais aucun d’eux n’avait bénéficié auparavant d’une protection aussi poussée.
Les informations restent non confirmées quant aux types exacts de munitions utilisés lors de l’attaque de Taleghan 2. Cependant, les impacts observés sont similaires à ceux enregistrés lors de l’Opération Martillo de Medianoche sur les installations nucléaires de Fordow et Natanz. Lors de cette opération, les bombardiers B-2 Spirit avaient largué douze bombes GBU-57/B sur Fordow et deux autres MOP à Natanz.
Le Commandement Central des États-Unis (CENTCOM) n’a pas commenté les éventuels départs de GBU-57/B sur Taleghan 2 ou d’autres cibles en Iran au cours de la campagne actuelle. À ce jour, le seul aéronef certifié pour transporter opérationnellement la MOP reste le bombardier furtif B-2 Spirit, capable d’emporter deux de ces bombes colossales.
Les B-2 sont engagés dans des frappes sur l’Iran depuis la première nuit du conflit, ce qui renforce la probabilité de leur implication. Taleghan 2, selon les images satellites, paraît enterré aussi profondément que les sites souterrains de Fordow ou Natanz et a été renforcé de façon méthodique ces derniers mois. Cet effort rapide de protection pourrait expliquer la décision d’utiliser des GBU-57/B pour maximiser les chances de destruction du site.

Un bombardier B-2 lance un GBU-57/B MOP pendant un test
D’autres éléments tactiques peuvent aussi avoir motivé ce choix de munition. Lors des attaques de Fordow l’an passé, les B-2 avaient largué six MOP sur deux conduits d’aération, zones plus vulnérables permettant aux bombes de pénétrer plus profondément jusqu’aux chambres ciblées. À Taleghan 2, aucun accès similaire n’est immédiatement visible, donc l’emploi d’armes si lourdes aurait permis d’assurer une destruction plus complète de l’installation prioritaire.
Il est aussi envisageable que des bombes antibûtiers plus petites aient été utilisées de façon séquentielle pour percer des ouvertures, suivies de frappes plus puissantes pour infliger des dégâts majeurs à l’intérieur. Le CENTCOM a confirmé précédemment des attaques de B-2 utilisant des salves de bombes antibûtiers de 907 kg (2 000 livres) contre des cibles profondément enterrées en Iran.
Dans tous les cas, cette attaque s’inscrit dans l’objectif principal déclaré par l’armée américaine : neutraliser le programme nucléaire iranien. Le site Taleghan 2 est historiquement lié à des accusations anciennes concernant des activités liées aux armes nucléaires dans la région de Parchin, que Téhéran a toujours niées.
Plus précisément, on considère que Taleghan 2 abritait une usine de production d’explosifs conventionnels spécialisés nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires.
Reste à déterminer si l’attaque récente, quel que soit le type de munition employé, a définitivement neutralisé cette installation stratégique.