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Les bombardiers stratégiques de l’US Air Force déployés à la base aérienne de Fairford, en Angleterre, poursuivent leur participation à l’opération Epic Fury, avec des vols quasi quotidiens des B-1B Lancer et des B-52H Stratofortress, ces derniers emportant une impressionnante charge externe de missiles.

Malgré les mesures de sécurité renforcées mises en place par les forces de l’ordre de la base et la police locale — comprenant fermetures de routes, restrictions de stationnement et écrans de confidentialité — les passionnés d’aviation parviennent régulièrement à observer les bombardiers B-1B et B-52H lors de leurs arrivées et départs de la base du Gloucestershire.

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent les deux types d’appareils décollant de Fairford pour des missions réelles. Comme attendu, les B-1 transportent toute leur charge utile en interne, la réintégration des pylônes externes étant toujours en développement dans la flotte. Les B-52, eux, emportent généralement une charge externe complète composée de 12 missiles de croisière AGM-158 JASSM (Joint Air-to-Surface Standoff Missile) fixés aux pylônes alaires, ainsi que probablement 8 autres sur un lanceur rotatif interne.

Le général Dan Caine, président de l’état-major interarmées américain, a indiqué le 14 mars 2026 que les opérations en cours contre l’Iran évoluent vers des frappes de courte portée, privilégiant les bombes guidées de précision et les missiles à plus faible portée. Cependant, l’utilisation continue des missiles JASSM témoigne d’un besoin persistant en capacités d’attaque à longue distance. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a précisé le 13 mars que seulement 1 % des munitions employées étaient à longue portée, tout en affirmant que « l’Iran ne dispose pas de défenses aériennes significatives ».

Par ailleurs, un F-35A Lightning II de l’US Air Force a effectué récemment un atterrissage d’urgence à la suite d’un impact présumé des défenses aériennes iraniennes. Le pilote, gravement blessé par des éclats d’obus, est désormais dans un état stable. L’appareil est considéré comme hors service pour une durée indéterminée. Cet incident souligne que si un chasseur furtif comme le F-35 peut être touché par les défenses iraniennes encore opérationnelles, les bombardiers B-52 et B-1, bien plus volumineux, sont également exposés à ces menaces.

Il est avéré que certaines missions depuis Fairford emploient des bombes guidées GBU-31 Joint Direct Attack Munition (JDAM), en plus des missiles de croisière. La sélection entre ces différentes munitions dépendrait soit de la menace perçue des défenses aériennes adverses, soit des capacités spécifiques recherchées dans chaque opération.

Itinéraires des bombardements

Les B-1 et B-52 suivent principalement deux routes pour leurs missions sur l’Iran :

  • La plus directe consiste à survoler presque directement vers le sud depuis Fairford, traversant l’espace aérien français en direction de la Méditerranée.
  • La seconde oblige les avions à prendre une trajectoire sud-ouest vers l’océan Atlantique, avant de bifurquer plein sud, franchissant alors l’espace aérien international, le détroit de Gibraltar et le bassin méditerranéen.

Certains ont suggéré que cette seconde route résulterait d’un refus de survol de la France, mais puisque la voie directe française est encore utilisée régulièrement, cette hypothèse n’est pas confirmée. Il est également possible que certaines décisions relèvent simplement d’une absence de demande formelle d’autorisation diplomatique plutôt que d’un rejet explicite. Par ailleurs, tout en ne participant pas directement aux opérations contre l’Iran, la France a accordé certains permissions de survol et envisage d’ouvrir des bases au Moyen-Orient aux forces américaines.

Une autre explication à l’usage de routes différentes pour les vols du même jour pourrait être liée à la gestion des temps d’arrivée sur la zone d’opérations, ainsi qu’à la coordination des ravitaillements en vol, afin d’éviter toute interférence entre les deux formations.

Les bombardiers furtifs B-2 Spirit restent aussi engagés, opérant depuis leur base principale de Whiteman dans le Missouri. Leur capacité à décoller discrètement, sans montages externes visibles et en n’émettant pas de signaux de position (non équipés de Mode S ni ADS-B), leur permet d’accomplir des missions particulièrement clandestines que les B-1 et B-52 basés à Fairford ne peuvent égaler. Leur trajectoire est donc d’autant plus difficile à suivre via les systèmes classiques de suivi de vols.