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Si l’Italie n’a pas interdit totalement les opérations des aéronefs militaires américains, contrairement à l’Espagne, le refus d’utiliser la base aérienne de Sicile constitue une nouvelle complication opérationnelle pour l’US Air Force. Selon des sources locales, Rome a refusé l’autorisation pour l’atterrissage de certains avions militaires américains sur une base en Sicile.

Un groupe de bombardiers américains avait soumis un plan de vol incluant une escale à Sigonella en direction du Moyen-Orient. Selon les rapports, les appareils étaient déjà en vol au moment où l’autorisation a été refusée.

D’après l’agence locale ANSA, le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a décliné la demande d’atterrissage. Bien que Sigonella soit un centre stratégique majeur pour les États-Unis et l’OTAN, la souveraineté italienne sur la base donne à Rome le pouvoir de décider de son usage.

Ce refus intervient quelques heures seulement après que l’Espagne a annoncé qu’elle n’autoriserait plus l’usage de ses bases aériennes, ni même de son espace aérien, par des avions militaires américains impliqués dans un conflit lié à l’Iran.

Le chef d’état-major de la Défense italien, le général Luciano Portolano, a été informé qu’un plan de vol incluant une escale à Sigonella avait été présenté alors que les bombardiers américains étaient déjà en route. Les vérifications ont établi que ces vols n’étaient ni routiniers ni logistiques, ce qui les excluait des accords en vigueur entre Rome et Washington.

Après ces constatations, Portolano a avisé Crosetto, qui a ordonné de ne pas autoriser l’atterrissage à Sigonella. Le ministre de la Défense a précisé qu’aucune autorisation formelle n’avait été demandée et que les forces armées italiennes n’avaient pas été consultées.

Le nombre et le type précis de bombardiers impliqués, ainsi que le sort des avions en vol après le refus d’atterrissage, n’ont pas été confirmés.

Si ce refus est préoccupant, surtout dans un contexte de restriction similaire imposée par l’Espagne, la décision italienne semble davantage motivée par des règles de procédure que par une rupture diplomatique.

L’accès à des bases telles que la Station Aéronavale de Sigonella n’est pas illimité. Bien que les avions américains y opèrent régulièrement, cet accès est soumis à des conditions strictes, notamment lorsque les missions dépassent la logistique ou la surveillance pour s’orienter vers des opérations de combat.

Dans cette affaire, le problème principal résidait dans le moment choisi ainsi que l’intention derrière la demande. Présenter un plan de vol en plein transit et sans coordination préalable a en fait contourné le protocole d’autorisation qui régit l’usage du territoire italien par les États-Unis.

Les autorités italiennes sont donc intervenues dès qu’elles ont établi que ces vols étaient liés à des opérations ultérieures au Moyen-Orient.

En définitive, les manquements aux procédures peuvent offrir aux gouvernements une base claire et défendable pour refuser un accès, particulièrement dans des contextes politiques sensibles. L’Italie n’a pas adopté une posture aussi ferme que l’Espagne, mais elle manifeste peu d’intérêt à s’impliquer dans un nouveau conflit au Moyen-Orient sans un examen parlementaire approfondi.