L’instabilité au Moyen-Orient ne peut être comprise sans aborder un enjeu central : les ambitions nucléaires de l’Iran. Depuis des décennies, cet élément unique jette une longue ombre sur la géopolitique régionale, alimentant la méfiance, une militarisation intense et des conflits presque constants dans la région.
Le conflit actuel ne constitue pas un incident isolé. Il est l’aboutissement d’années de tensions non résolues, dans lesquelles la menace d’un Iran doté de l’arme nucléaire reste un problème majeur, non seulement pour le Moyen-Orient troublé, mais aussi pour le reste du monde. Par exemple, l’Iran est souvent accusé de soutenir des régimes terroristes par procuration ou des groupes islamistes fondamentalistes au Yémen, en Syrie, au Liban, en Palestine et en Irak, ciblant ainsi les États arabes.
Et Israël.
L’Iran a clairement déclaré qu’il souhaite détruire Israël. En réaction, Tel-Aviv s’est allié aux États-Unis pour frapper les proxys iraniens présents dans son voisinage immédiat.
Le régime islamique au pouvoir depuis la révolution contre le Shah – une contestation portée par le clergé contre les réformes libérales et l’éducation des femmes – est réputé impitoyable. Des témoignages accusent le régime d’avoir assassiné des jeunes filles âgées de 13 à 14 ans simplement pour avoir refusé de se conformer aux diktats des fondamentalistes, en revendiquant par exemple la liberté de vivre sans voile. Par ailleurs, l’éducation des filles y reste lourdement restreinte.
L’ancien président américain Donald Trump avait qualifié les mollahs au pouvoir à Téhéran de « mentalement instables et dangereux », tandis que le vice-président JD Vance a affirmé que l’administration Trump ne laisserait pas à ses successeurs le problème du terrorisme nucléaire iranien à résoudre.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) estime que l’Iran possède environ 450 kg d’uranium enrichi à 60-65 % ou plus. Ce pays nie fabriquer la bombe nucléaire, mais n’a pas autorisé les inspecteurs à vérifier ces affirmations. Pour rappel, l’uranium doit être enrichi à 90-95 % pour être considéré comme de qualité militaire.
Téhéran affirme que son programme poursuit des objectifs d’autonomie énergétique et de progrès scientifique, en revendiquant un droit souverain à développer une énergie nucléaire pacifique. Cependant, les États-Unis et plusieurs pays européens jugent que le niveau d’enrichissement entrepris dépasse largement les besoins civils.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a également exprimé ses inquiétudes, soulignant qu’un Iran nucléaire représenterait un défi majeur pour la sécurité mondiale. Bien que l’Europe n’ait pas participé militairement aux actions américaines contre l’Iran, elle considère une telle issue comme une menace pour la paix mondiale.
Le 28 février, l’US Air Force a tenté de détruire des installations nucléaires iraniennes situées à Fordow et Isfahan, enfouies entre 6 000 et 8 000 pieds sous des montagnes rocheuses, dans des tunnels sinueux et très profonds.
Donald Trump a revendiqué une « destruction totale » de ces sites, mais il demeure incertain où se trouve exactement l’uranium enrichi d’environ 450 kg.
Le concept d’« opportunité commerciale » s’est matérialisé lorsque, le 4 mars, l’Iran a profité de cette situation pour réaffirmer son contrôle exclusif sur le détroit d’Hormuz, passage stratégique d’où les pays du Golfe exportent environ 25 % de la production pétrolière mondiale.
Ce détroit, qui mesure 34 km à son point le plus étroit et est situé près des côtes iraniennes, a historiquement été une voie maritime internationale dans ce que l’on appelle le Golfe persique ou le Golfe arabique selon les points de vue. L’Iran y a imposé un blocus, autorisant le passage des tankers sous contrôle, avant que les États-Unis ne ripostent en bloquant à leur tour les navires se dirigeant vers l’Iran.
Le conflit est donc ouvert, et le monde attend une solution pacifique à deux problèmes majeurs : un Iran nucléaire et un détroit d’Hormuz fermé.