La Bundeswehr a déployé par précaution deux navires de guerre en vue d’une éventuelle mission multinationale dans le détroit d’Hormuz. Tandis que le chasseur de mines Fulda a quitté Kiel en direction de la Méditerranée, le tender Mosel a été retiré de la mission de l’OTAN en mer Égée pour être intégré à un groupe de guerre anti-mines de l’Alliance. Aucune décision n’a encore été prise concernant un engagement proche de l’Iran.
Le gouvernement allemand a indiqué sa volonté de participer à une opération commune avec d’autres États pour sécuriser la navigation dans le détroit d’Hormuz, mais seulement à la fin des hostilités dans le cadre du conflit mené par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Cette participation serait conditionnée à une base juridique internationale, comme un mandat des Nations unies, ainsi qu’à l’approbation du Bundestag. Afin de pouvoir réagir rapidement, des capacités dédiées à la chasse aux mines devraient être prépositionnées en Méditerranée.
Après le départ du Fulda lundi, le ministère de la Défense a annoncé le changement de mission du Mosel et évoqué la possible mobilisation de forces supplémentaires :
« Le tender MOSEL de la Marine allemande terminera dans les prochains jours son soutien dans le cadre de la mission de l’OTAN en mer Égée. Il rejoindra ensuite avec le chasseur de mines FULDA le groupe de guerre anti-mines numéro 2 (SNMCMG2) en Méditerranée. Ce changement d’affectation suspend temporairement la contribution allemande à l’activité de l’OTAN en mer Égée, qui comprenait le tender MOSEL et un état-major embarqué. Cette mesure vise à stationner plus proche géographiquement d’éventuelles opérations dans le détroit d’Hormuz les capacités allemandes, et à y préparer conjointement des actions opérationnelles. »
« Le gouvernement fédéral souhaite apporter une contribution significative et visible au sein d’une coalition internationale pour protéger la liberté de navigation dans le détroit d’Hormuz. L’objectif est que cette voie maritime, essentielle pour le commerce et le transport, redevienne rapidement sûre et que la liberté de navigation garantie par le droit international soit assurée. »
« Pour pouvoir déployer rapidement en fonction de la situation et des conditions politiques des capacités clés de la Bundeswehr dans la région en crise, des moyens supplémentaires devraient être transférés dans les semaines à venir. Indépendamment du calendrier d’une décision politique et du vote du Bundestag, des unités et capacités restent donc en haute disponibilité à proximité géographique du détroit d’Hormuz. Tout engagement allemand sera coordonné étroitement avec nos partenaires et alliés. »
Officiellement, le retrait du Mosel de la mer Égée ne signifie pas la fin de la mission : le ministère de la Défense précise que la Marine met en pause la contribution allemande. Cette mission, qui dure depuis dix ans, avait été mise en place sous le gouvernement d’Angela Merkel pour limiter les flux migratoires dans cette zone, située à la frontière entre les pays membres de l’OTAN, la Turquie et la Grèce. Outre le navire allemand principal, des bâtiments grecs et turcs participent à cette opération dont le maintien dans ces nouvelles conditions paraît incertain.
Par ailleurs, la Marine américaine se prépare à assurer la libre circulation des navires commerciaux dans le détroit d’Hormuz, malgré une possible tentative d’embargo de l’Iran. Suite à une annonce du président américain Donald Trump, le Commandement central des États-Unis a déclaré dimanche le lancement de l’opération Project Freedom :
« La mission, ordonnée par le président, soutiendra les navires marchands cherchant à transiter librement par ce corridor majeur du commerce international. Un quart du commerce pétrolier maritime mondial ainsi que d’importants volumes de carburants et d’engrais y transitent… »
« Le soutien militaire américain à Project Freedom impliquera des destroyers lance-missiles, plus de 100 appareils terrestres et maritimes, des plateformes sans pilote multi-domaines ainsi que 15 000 militaires. »
Pour autant, les forces américaines maintiendront leur blocus des ports iraniens et intercepteront les navires en direction ou en provenance de ces ports. Les modalités précises de ces opérations restent à définir.
Note de mise à jour : Bien que le Fulda ait quitté Kiel, il n’a atteint le premier jour que la base d’Eckernförde ; la raison de ce déplacement partiel reste inconnue.