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Des drones ukrainiens ont attaqué la corvette russe RFS Boiky, de classe Steregushchy, dans la matinée du 3 juin. Cette attaque s’inscrit dans le cadre d’une opération aérienne non habitée d’ampleur visant des cibles militaires et économiques dans la région de Saint-Pétersbourg.

L’assaut a eu lieu vers 06h35, heure locale, alors que la corvette était amarrée au chantier naval de Veleshchynsky à Kronstadt, où elle subissait une maintenance programmée depuis février 2026. Les images fournies par l’Ukraine montrent la corvette touchée au moins à deux reprises au niveau de la section centrale, juste derrière la superstructure. L’opération comprenait également une attaque contre la principale infrastructure pétrolière de la région.

Ces attaques contre le RFS Boiky s’inscrivent dans une campagne croissante de drones ukrainiens visant à affaiblir le potentiel militaire et économique russe sur son vaste territoire. Depuis fin mars, les drones ukrainiens ciblent surtout des installations économiques dans la zone de Saint-Pétersbourg, notamment les terminaux pétroliers d’Ust Luga et de Primorsk.

Simultanément, l’Ukraine continue à harceler les navires militaires russes, principalement en mer Noire, mais aussi, d’après certains rapports récents, la flottille de la mer Caspienne. Ces deux tendances convergent jusqu’à menacer désormais la flotte russe de la Baltique stationnée à Kronstadt près de Saint-Pétersbourg.

Le RFS Boiky a été endommagé conformément à la doctrine d’attaque ukrainienne

L’attaque a visé la section centrale située juste derrière la passerelle et le mât. Les équipages de drones ukrainiens ciblent systématiquement cette zone lorsqu’ils attaquent des navires de guerre russes, comme observé lors d’assauts antérieurs.

Cette stratégie répond à une contrainte : les drones aériens ne disposent pas de la puissance explosive nécessaire pour détruire un navire de surface, contrairement aux véhicules de surface sans pilote (USV). Leur objectif est donc de causer un maximum de dégâts afin de rendre le navire partiellement inopérant. Le mât situé au-dessus de la passerelle abrite en effet divers capteurs électroniques, radars et systèmes de communication. En neutralisant ces équipements, le navire est rendu inefficace, ce que l’on qualifie d’attaque « de basse intensité ».

Cette doctrine, développée au fil des ans, a connu un certain succès lors d’attaques visant des navires russes en mer Noire et en mer d’Azov. Dans plusieurs cas, ces attaques ont forcé les navires touchés à se retirer de leur zone de patrouille, incapables d’y poursuivre efficacement leurs missions.

Un effet secondaire important réside dans le fait que la plupart de ces systèmes électroniques sont d’origine occidentale et contiennent des composants que l’industrie russe juge difficiles voire impossibles à reproduire. Leur destruction complique donc la remise en état des navires touchés et leur retour au combat. Bien que la Russie puisse encore se procurer ces technologies via des pays tiers, cela se fait à un coût plus élevé. Ainsi, les tactiques ukrainiennes, bien que non létales, engendrent un lourd fardeau financier en raison des réparations coûteuses.

Corvette Boiky, classe Steregushchy, projet 20380

La flotte russe de la Baltique prise globalement au dépourvu

L’attaque du 3 juin révèle que la flotte de la Baltique, ou du moins la partie stationnée à Kronstadt, n’était pas préparée à répondre efficacement. Les opérations de drones ukrainiens de longue portée n’ont cessé de s’intensifier en portée, en taille et en sophistication ces derniers mois, s’approchant progressivement des objectifs en territoire russe, depuis la frontière ukrainienne.

Depuis fin mars 2026, l’Ukraine parvient à frapper régulièrement des cibles autour de Saint-Pétersbourg, bien que la plupart concernent des infrastructures économiques, principalement les terminaux pétroliers d’Ust Luga et Primorsk. Cette stratégie vise à affaiblir financièrement la Russie en détruisant progressivement les infrastructures utilisées pour l’exportation pétrolière vers les marchés mondiaux.

Jusqu’à présent, les réseaux russes de défense aérienne n’ont pas réussi à stopper complètement ces attaques, ni même à en diminuer l’efficacité. Malgré des tirs défensifs rapportés – au moins un drone abattu selon les forces ukrainiennes – plusieurs engins ont pu atteindre la zone pétrolière de Saint-Pétersbourg.

Au cours des dernières semaines, la flotte de la Baltique a semblé prendre plus au sérieux la menace drone. Plusieurs navires ont été équipés de filets de protection autour de leur superstructure pour se prémunir contre ce type d’assaut. La corvette RFS Orekhovo-Zuyevo, de classe Buyan-M, a ainsi été vue quittant le port de Baltiysk le 25 mai avec des filets couvrant notamment la superstructure et le mât radar.

Selon des communiqués du ministère de la Défense russe, la flotte de la Baltique organise également des exercices réguliers avec ses équipages pour apprendre à se défendre contre les attaques de véhicules de surface non habités (USV) et de drones aériens (UAV).

Cependant, l’attaque du 3 juin montre que ces mesures n’ont pas suffi à neutraliser un raid coordonné de drones ukrainiens. Les images de l’assaut révèlent l’absence de filets de protection sur le RFS Boiky, alors qu’il se trouvait à sec dans le chantier naval. De plus, aucune riposte antiaérienne notable n’a été observée sur le site, suggérant que les unités de défense aérienne de Kronstadt ont été prises par surprise, incapables de réagir, ou complètement absentes.