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Les États-Unis ont interrompu temporairement leurs frappes contre l’Iran, préoccupés par l’épuisement de leurs stocks de munitions alors que le conflit approche de son cinquième mois. Cette pause suscite l’espoir d’un retour aux négociations après une période de bombardements nocturnes quasi ininterrompus.

La trêve reflète également, selon les médias américains, des pressions sur les réserves d’intercepteurs Patriot et d’autres armes défensives. Le combat autour du détroit stratégique d’Hormuz avait initialement bloqué les efforts diplomatiques entre Washington et Téhéran, avant qu’il ne s’étende aux attaques contre des bases américaines, la navigation régionale et les alliés du Golfe.

Le commandement iranien a mis en garde dimanche contre une extension du conflit si les États-Unis poursuivaient les frappes aériennes, juste avant la visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

« Si les Américains tombent une nouvelle fois dans le piège des sionistes, ou agissent conformément à leurs intérêts, et insistent pour continuer la guerre, en particulier par des frappes aériennes, cela entraînera une expansion géographique du conflit », a déclaré Mohammad Akraminia, porte-parole de l’armée iranienne, à la télévision d’État.

Parallèlement, les opérations américaines contre l’Iran sont « en pause », a rapporté CNN</i

, citant une source anonyme au Pentagone, malgré la menace de frappes « d’un niveau bien supérieur » formulée vendredi par le président américain Donald Trump.

Les projets d’intensification de la campagne ont été mis en suspens en raison de la diminution des réserves de munitions, ont indiqué au New York Times deux personnes informées de la situation. En outre, Trump fait face au risque d’une guerre plus large au Moyen-Orient, à l’aliénation de certains alliés du Golfe, et à des perturbations sur l’économie mondiale.

Le vice-président JD Vance et le général américain Dan Caine ont exprimé leurs inquiétudes concernant une escalade lors d’une réunion à la Maison-Blanche vendredi, selon CNN. Le général Caine a assuré à Trump que les forces armées disposaient des moyens pour mener à bien les opérations envisagées, tout en soulignant les possibles conséquences.

« D’un niveau bien supérieur »

Vendredi, Donald Trump a indiqué qu’il n’avait pas encore décidé de relancer une opération militaire globale. « Nous sommes en discussion avec eux en ce moment. Je pense qu’ils deviennent de plus en plus sérieux », a-t-il déclaré aux journalistes. Le président a ajouté qu’il offrira à l’Iran le choix entre un accord ou des frappes « à un niveau bien supérieur ».

Ce conflit, que Trump avait initialement prévu de régler en quatre à cinq semaines, approche désormais de son cinquième mois et pèse sur sa popularité à l’approche des élections législatives de mi-mandat prévues en novembre.

Le Pentagone avait proposé à Trump un plan pour une quatorzième nuit de frappes, mais ce dernier a décliné, préférant privilégier une relance des négociations, a rapporté Axios.

Un nouveau front ouvert

Le combat a simultanément gagné un nouveau théâtre d’opérations. Les rebelles houthis appuyés par l’Iran ont affirmé avoir attaqué samedi les installations de Saudi Aramco à Jizan et Yanbu, un jour après un bombardement saoudien contre des positions houthis.

Un système de défense sol-air exploité par des personnels grecs en Arabie saoudite a abattu deux missiles balistiques et un drone au-dessus de Yanbu, a précisé le bureau des médias de l’armée de l’air grecque.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné que l’Iran ne pouvait être tenu responsable de cette escalade et s’est proposé comme médiateur entre les Houthis et Riyad, estimant qu’« il n’y a pas de solution militaire » au conflit.

Dimanche, les forces armées iraniennes ont intercepté six navires tentant de traverser le détroit d’Hormuz au cours des vingt-quatre dernières heures, après plusieurs avertissements, a rapporté la télévision d’État.

Le blocus effectif de cette voie maritime par Téhéran reste le principal point de friction avec Washington. Selon les autorités iraniennes, des progrès ont été réalisés dans les discussions avec Oman portant sur les « principes communs et mécanismes opérationnels » relatifs à la navigation dans le détroit.

En juin, Oman et l’Iran avaient annoncé envisager l’instauration de frais de passage, une initiative que Washington rejette. Muscat a aussi précisé que les navires pouvaient traverser Hormuz par ses eaux, ce qui a irrité Téhéran et déclenché une série d’escalades.