Le gouvernement bulgare a décidé de ne plus fournir d’armes ni d’équipements militaires supplémentaires à l’Ukraine. Cette position marque un tournant dans l’engagement de Sofia vis-à-vis du conflit en cours.
Le ministre de la Défense, Dimitar Stoyanov, a expliqué que la Bulgarie ne croit pas que le conflit puisse être résolu par une escalade militaire continue. Selon lui, de nouvelles livraisons d’armes risquent peu de modifier le cours d’une guerre qui se transforme de plus en plus en un conflit d’usure.
Stoyanov a souligné que le principal défi pour l’Ukraine réside dans les effectifs, et non dans les armements. Il estime que l’effort devrait désormais se concentrer sur les négociations plutôt que sur l’envoi d’armes.
Il a également ajouté que, bien que l’Union européenne joue un rôle important dans les tentatives de résolution du conflit, son soutien militaire à Kyiv complique sa capacité à servir de médiateur.
Cette orientation politique reflète la position du Premier ministre Rumen Radev, dont le gouvernement est en fonction depuis la victoire aux élections d’avril.
Alors que Sofia s’oppose à une nouvelle aide militaire à l’Ukraine, la nouvelle administration a cependant annoncé son intention d’augmenter les dépenses de défense à 5 % du PIB, conformément aux objectifs fixés par l’OTAN.
Un tournant dans l’aide militaire à Kyiv
Ce revirement s’oppose aux discussions menées plus tôt cette année, lorsque la Bulgarie et l’Ukraine avaient envisagé une coopération plus étroite dans le domaine de la défense industrielle. Ces discussions comprenaient la production conjointe de systèmes aériens sans pilote ainsi que le développement de capacités anti-drones, notamment pour la détection, le suivi et l’interception.
Des initiatives ont également été explorées dans le cadre de Brave1, la plateforme ukrainienne d’innovation en défense soutenue par le gouvernement, rassemblant agences étatiques et entreprises de défense des deux pays.
Depuis le début de la guerre en 2022, la Bulgarie a fourni à l’Ukraine des armes, munitions et équipements militaires d’ère soviétique, tout en modernisant progressivement ses propres forces armées afin de les aligner sur les standards de l’OTAN.
Parmi les équipements transférés à Kyiv figurent notamment des missiles de défense aérienne S-300 ainsi que des véhicules blindés de transport de troupes BTR.