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La démission de John Healey, secrétaire à la Défense britannique, reflète de manière sévère la situation actuelle et met en garde contre le fait que la sécurité nationale ne peut être gérée comme une simple comptabilité, a déclaré le directeur général d’ADS, l’organisation représentant plus de deux mille entreprises des secteurs aérospatial, défense, sécurité et spatial du Royaume-Uni.

Kevin Craven a publié cette déclaration jeudi, quelques heures après l’annonce du départ de Healey du Cabinet, provoqué par le montant alloué au plan d’investissement dans la Défense. Il a affirmé que cette nouvelle « nous a profondément secoués ». Ayant connu le secrétaire à la Défense sortant depuis plusieurs années, Craven a souligné qu’Healey « s’est toujours montré comme un homme intelligent, engagé et profondément intègre », avec à cœur les intérêts de la défense britannique dans toutes ses actions.

Cette démission constitue, selon Craven, « un sujet de regret » et « un reflet accablant de l’état actuel des choses ». Il a mis en garde contre les conséquences pour le Royaume-Uni et ses alliés d’un mauvais pilotage du Plan d’Investissement de la Défense, « désormais quasi-certain », qu’il qualifie d’« immensément plus grave que nos pires craintes ».

La critique la plus marquante de ce communiqué vise directement le rôle du Trésor public dans le différend qui a conduit à la chute du secrétaire à la Défense. « La sécurité nationale et la défense du pays ne relèvent pas d’un comptable », a martelé Craven, insistant sur la nécessité urgente de publier un plan correctement financé. « Il ne devrait pas falloir la démission d’un homme honorable pour que cela soit compris ».

Sur un plan plus personnel, Kevin Craven a remercié John Healey pour son service et sa « reconnaissance sans relâche de l’importance vitale de l’industrie en tant que facteur stratégique » pour la sécurité du Royaume-Uni.

La prise de position d’ADS figure parmi les plus fermes réactions de l’industrie en ce jour marquant, où plusieurs organisations représentatives de la défense britannique ont soutenu l’ancien ministre. Make UK Defence a qualifié cette démission de « signal d’alarme adressé à ceux au sein du gouvernement qui freinent encore l’accélération des investissements dans la défense », tandis que des entreprises dénoncent des faillites liées à l’attente prolongée du plan. Par ailleurs, une enquête de techUK publiée la semaine dernière révèle que 93 % des fournisseurs de technologies de défense repensent leurs projets d’investissements ou de recrutement en raison de ce retard. Tan Dhesi, président du comité de la Défense à la Chambre des Communes, a qualifié la démission d’« instant grave ».

John Healey a remis sa démission jeudi après avoir informé le Premier ministre que le plan d’investissement, qui lui a été présenté intégralement lundi après-midi, était trop concentré en fin de période, ne devrait atteindre que 2,68 % du PIB en 2030, loin derrière l’objectif de 3 % qu’il avait soutenu, et impliquait des choix susceptibles de « rendre le pays moins sûr ». Ce plan devait être publié avant le sommet de l’OTAN à Ankara, le mois prochain. À ce jour, le cabinet de Downing Street n’a pas encore annoncé de successeur.